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Marie-Claude Saliceti
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le Parisien
Manifestations à Paris : les policiers sont « au bout du rouleau »
Article mis en ligne le 29 septembre 2019

A la veille de la 46e manifestation des Gilets Jaunes, les policiers dénoncent « une fatigue physique et psychologique ». Les syndicats appellent à une marche le 2 octobre.

Mercredi prochain, Eric, qui affiche à son compteur 11 manifestations de Gilets jaunes, sera à la « marche nationale de la colère », à l’appel des syndicats policiers.

« C’est un ras-le-bol général », explique Yvan Assioma d’Alliance, le syndicat de police majoritaire. « Une énorme fatigue. On veut que ça s’arrête. On tire la sonnette d’alarme sur la dégradation de nos conditions de travail et sur l a vague de suicides chez les policiers. On demande des compensations et de la reconnaissance. »
18 heures non-stop et un panier repas

Eric, rattaché à la DOPC (Direction de l’ordre public et de la circulation) a été, lui, mobilisé sur des vacations lors des manifestations allant de 6 h 30 du matin à 22 h 30 le soir. « J’avais le casque sur la tête, le gilet pare-balles et pour ces 18 heures non-stop un seul panier repas » (...)

« Ces manifestations de Gilets jaunes ont été épuisantes, éprouvantes, dangereuses. C’est une fatigue physique et psychologique. L’administration nous traite comme des pions. Sans compter que ces mois de mobilisation ont mis à mal nos vies de famille. ».
« Au dernier moment, j’ai été réquisitionné » (...)

Stéphane, qui revendique « un métier de passion » et dit « souffrir du sentiment antiflic » s’est retrouvé coincé par des manifestants. « On se sent vulnérable. » Pourtant, le policier, confesse avoir en même temps un « sentiment de compassion pour les Gilets jaunes et leurs revendications ». (...)

« Le problème, poursuit-il, c’est l’état-major de la préfecture de police de Paris. Ils n’ont pas le ressenti que nous avons sur le terrain. Ils sont dans leurs bureaux à suivre les manifestations avec les images de la vidéosurveillance. Pour eux, c’est comme un jeu vidéo ! » Le policier dénonce aussi « une pression ». « Sur les manifestations, on nous a poussés à verbaliser à tout-va, parfois à la limite de la légalité. Depuis quelques mois, on sent la politique derrière tout ça. On n’en peut plus. » (...)

le policier, secrétaire régional du syndicat Alliance à Paris, insiste sur un point : « Le ras-le-bol, ce n’est pas sur la mission de policier mais sur l’organisation ». Et de tacler la préfecture de police « qui n’hésite pas à décorer de médailles les hauts gradés mais donne le sentiment de n’avoir pas de reconnaissances pour les gardiens de la paix ».

Le 2 octobre prochain, Yvan Assioma sera à la marche de la colère, en début de cortège. « Il faut que ça s’arrête ».