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Marie-Claude Saliceti
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Mégabassines : comment le gouvernement a préparé l’opinion à un mort
#MegaBassines #eau #sécheresse #manifestation #repression #Darmanin #saintesoline
Article mis en ligne le 30 mars 2023
dernière modification le 29 mars 2023

Avant la mobilisation à Sainte-Soline contre les mégabassines, les autorités ont préparé les esprits à une forte violence et de lourds blessés. Alors que S., le blessé le plus grave risque de mourir, la situation rappelle l’affaire Sivens.

Le spectre d’un nouveau Sivens plane sur les mobilisations antibassines. Deux militants se trouvent toujours entre la vie et la mort après la manifestation du 25 mars à Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Le premier a reçu une grenade assourdissante au niveau de la tête, le second a été touché à la trachée.

Ces drames, couplés aux centaines d’autres blessés, ne doivent rien au hasard. Le scénario était écrit à l’avance par le gouvernement et la préfecture, estiment les militants. Dans une série de discours anxiogènes, les autorités ont préparé les esprits à l’éventualité d’un mort et à un déchaînement de violences.

Au cours d’une conférence de presse, dès dimanche 26 mars, Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci, a dénoncé « une stratégie de la tension délibérée » qui a conduit droit « au désastre ». (...)

La veille du rassemblement, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin donnait l’impression d’avoir déjà imaginé, à sa façon, la teneur de l’événement. « Nous verrons des images extrêmement dures, pronostiquait-il sur CNews. Il y aura une très grande mobilisation de l’extrême gauche et de ceux qui veulent s’en prendre aux gendarmes et peut-être tuer des gendarmes et tuer les institutions. »

Le même jour, la préfète du département des Deux-Sèvres, Emmanuelle Dubée, renchérissait : « Nous nous attendons à des violences importantes », déclarait-elle lors d’un point presse. Le matin, sur France Inter, avant le départ de la manifestation, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, affirmait aussi qu’il y avait « dans le cortège des gens déterminés qui ne pensent pas la vie humaine comme un bien précieux ».

« Le gouvernement se préparait à nous faire la guerre » (...)

Mises bout à bout, ces paroles font système et construisent un récit policier fantasmagorique, destiné à faire peur. (...)

Trois jours après le rassemblement, le 28 mars, le ministre de l’intérieur annonçait la dissolution des Soulèvements de la Terre l’un des collectifs organisateurs, en raison de « violences répétées, attaques contre les forces de l’ordre, appels à l’insurrection ». (...)

Cela faisait déjà plusieurs mois que les autorités cherchaient à criminaliser les militants antibassines. Gérald Darmanin les avait en effet qualifiés d’« écoterroristes » en octobre dernier. Et la pression montait crescendo (...)

le maire de Melle, la commune où se déroulaient les concerts et les rencontres, le dit ouvertement lors d’une conférence de presse : « Beaucoup a été fait par la préfecture pour faire penser à la population que Melle serait un lieu d’affrontement et présenter ceux qui allaient venir comme des délinquants. » (...)