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Marie-Claude Saliceti
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Sud-Ouest
Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement joue l’apaisement
Article mis en ligne le 25 novembre 2012

Pas de défrichement avant six mois sur le site prévu pour la construction de l’aéroport contesté : de quoi apaiser les tensions.

Il y a peut-être du nouveau sous le ciel plombé de Notre-Dame-des-Landes, ce coin de bocage nantais censé accueillir un nouvel aéroport d’ici à 2017. Le neuf n’est pas venu hier de la reprise des affrontements sur le site, ni de la manifestation d’ampleur qui s’est déroulée à Nantes.

Plutôt d’un communiqué cosigné par les ministres Delphine Batho (Écologie), Stéphane Le Foll (Agriculture) et Frédéric Cuvillier (Transports). Ce texte a été suivi, hier soir, par une déclaration de Matignon qui indique qu’il confiera cette semaine, « dans un souci d’apaisement », à une « commission du dialogue le soin d’exposer » le projet contesté et d’« entendre toutes les parties prenantes ». (...)

« Aucune opération de défrichement sur site ne sera effectuée avant validation. » L’entourage de Stéphane Le Foll a ajouté qu’on ne toucherait pas à un arbre avant six mois. (...)

Le défrichement précède évidemment le terrassement. Vinci, le concessionnaire, souhaitait y procéder dès le début 2013. Il prévoyait de raser rapidement la forêt de Rohanne, un espace boisé entre Notre-Dame-des-Landes et Vigneux-de-Bretagne, au sud de la zone de 1 650 hectares gelée pour les besoins de l’aéroport. Or, c’est dans cette zone que les squatters ont aménagé des lieux de vie et des cabanes dans les arbres afin de retarder les opérations.

C’est toujours dans cette zone que les affrontements les plus durs se sont déroulés ces dernières 48 heures entre gendarmes et opposants. Si le défrichement est différé, pourquoi laisser perdurer ce point de fixation des violences ? Le communiqué ouvre la voie à un éventuel retrait des centaines de gendarmes qui sillonnent le bocage.

Un retrait « total » que l’Acipa, principale organisation d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, réclamait hier soir comme un préalable à tout dialogue avec le gouvernement. Julien Durand, porte parole de l’association ajoutant : « La proposition de Jean-Marc Ayrault vient un petit peu tard, nous ce soir on a plus envie de penser à compter les blessés chez nos camarades ».

Du côté d’Europe Écologie-Les Verts, on affiche un espoir prudent. (...)