Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
France TV Info
Panne d’internet : ce que l’on sait du sabotage de câbles de fibre optique
Article mis en ligne le 28 avril 2022

Plusieurs grandes villes touchées

Mercredi matin, à l’aube, de nombreux Français avaient du mal à se connecter dans plusieurs grandes villes de la région grenobloise, à Besançon, Reims, Lyon, l’Alsace et en Ile-de-France. Très vite, les signalements d’internautes se sont multipliés sur les réseaux sociaux et sur le site spécialisé en détection des problèmes d’accès Down Detector.

Les abonnés de l’opérateur Free et, dans une moindre mesure, de SFR, ont affirmé être privés de connexion internet et de télévision. Leur concurrent, Bouygues Telecom, "n’utilise pas les liens concernés par ces dysfonctionnements", a expliqué le groupe, qui n’a donc pas été concerné par ces pannes, tout comme Orange.

(...) En fin de journée, le site Zone ADSL avait recensé 9 741 pannes sur l’internet fixe en France lors des dernières 24 heures. A 18 heures, les connexions étaient "rétablies sur les zones touchées", a ensuite annoncé la FFT au nom de l’ensemble des opérateurs. "Les travaux de réparation sur les câbles sont néanmoins très lourds et se poursuivent toujours à l’heure actuelle", précisait-elle.
Des câbles "longue distance" inter-régionaux sectionnés

Selon les premières constatations, ce sont des câbles "longue distance" inter-régionaux en fibre optique qui passent le long des autoroutes, des voies ferrées et des voies navigables qui ont été sectionnés volontairement sur trois points des liaisons Paris-Lyon, Paris-Strasbourg et Paris-Lille.

Comme l’a révélé le site spécialisé Numerama, les ruptures de câbles seraient survenues quasi-simultanément, "vers 3h20, 3h40 et 5h20 du matin" dans la nuit de mardi à mercredi. Colonne vertébrale d’un réseau internet, le "backbone" sert à interconnecter le trafic internet entre différentes zones géographiques grâce à des fibres à très haut débit. (...)

Des "actes de malveillance" probablement coordonnés

Pour les opérateurs concernés et les connaisseurs du sujet, il s’agit, sans aucun doute, d’un acte volontaire. Dans un communiqué publié mercredi soir, la Fédération française des télécoms et les opérateurs Bouygues Telecom, Orange, SFR et Free ont ainsi condamné "fermement ces actes de malveillance". (...)

Le fait qu’il s’agisse de trois incidents, à trois endroits différents, distants de plusieurs centaines de kilomètres, rend en effet très peu plausible la thèse d’un accident. "Des pelleteuses ne coupent pas Internet en pleine nuit vers 3h40 du matin", a pointé Nicolas Guillaume, dirigeant de l’opérateur alternatif dédié aux professionnels Netalis, dans les colonnes de Numerama.

"C’est un acte quasiment professionnel, ce sont plusieurs attaques coordonnées à travers le pays avec quelques minutes d’intervalle."
Michel Combot, directeur général de la FFT à franceinfo (...)

Pour Philippe Le Grand, président d’InfraNum, la fédération qui réunit l’ensemble des industriels des infrastructures numériques françaises, cette "agression irresponsable" est susceptible d’engendrer des "conséquences dramatiques, comme par exemple le retardement d’opérations de secours à la personne".
Aucune revendication n’a été retrouvée

Une enquête préliminaire a été ouverte mercredi pour "détérioration de bien de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation", "entrave à un système de traitement automatisé de données" et "association de malfaiteurs", a annoncé le parquet de Paris. Les investigations ont été confiées à la DGSI, le renseignement intérieur et à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

La piste d’activistes politiques n’est pas exclue (...)

Michel Combot constate auprès de franceinfo une "recrudescence d’actes de vandalisme, des pylônes brûlés, des câbles sectionnés pour lesquels les auteurs n’encourent pas assez de sanctions dissuasives". "Tout l’enjeu est de pouvoir pourchasser et condamner les auteurs de ces actes", ajoute-t-il.
Une attaque sans précédent

Ces deux dernières années, plus de 200 antennes-relais ont été dégradées, le plus souvent brûlées, par des militants anti 5G, de l’ultragauche ou de la mouvance anarchiste, daprès nos informations. Mais les actes de malveillance contre des fibres optiques sont beaucoup plus rares. (...)

"Jamais une attaque de cette ampleur n’avait visé des infrastructures souterraines internet", assure Michel Combot.