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Marie-Claude Saliceti
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frustration magazine
Police : les tatouages de la haine
#police #haine #extremedroite
Article mis en ligne le 15 septembre 2023
dernière modification le 14 septembre 2023

On ne peut plus parler de “cas isolés” ou de policiers qui tachent l’uniforme de police. La symbolique fasciste, voire néonazie, est désormais un fait courant au sein des compagnies de police. Combien de cas faut-il pour que l’on puisse enfin démasquer une tendance qui se propage au sein des forces de police, sans que personne ne puisse l’arrêter ? Les derniers tatouages identifiés chez les policiers, aisément utilisés par des suprémacistes blancs, appuient cette tendance.

Depuis une dizaine d’années, avec l’utilisation massive des smartphones, des dizaines de policiers ont été photographiés arborant des symboles retrouvés chez les militants d’extrême droite (...)

Loin des coïncidences, on parle d’une série de symboles et de personnages qui renforcent le “mythe guerrier” et qui révèlent un lien sémiotique avec l’extrême droite. Si la question de savoir si les policiers sont des “sympathisants de l’extrême droite” est rapidement écartée, on ne peut pas s’empêcher de se demander si certains d’entre eux sont devenus des vrais fachos. (...)

Pour les historiens et les archéologues d’aujourd’hui, l’idée d’une culture celtique ou d’une “civilisation celtique” est considérée comme une aberration historique et scientifique. Le même s’applique aux peuples nordiques, donc les Vikings, qui étaient décrits par les historiens comme des guerriers sanglants ou des pirates. On parle plutôt d’une série de peuples qui ont partagé certaines similitudes culturelles et linguistiques, mais en aucun cas on ne peut parler d’un peuple unique soit celtique ou viking, et encore moins d’une race. (...)

Le suprémacisme blanc est en effet une idéologie qui est étroitement associée aux mouvements d’extrême droite et sa présence est de plus en plus corroborré au sein des partis politiques, mais aussi dans des mouvements éco-fascistes et naturo-traditionalistes qui prônent un retour aux sources, tels que Les Braves, groupuscule suprémaciste blanc français. (...)

Malgré les circulaires et les schémas qui rappellent la déontologie policière, c’est de plus en plus commun de repérer des policiers qui se tatouent comme des gangsters ou y portent des petits gadgets racistes tels que la Thin Blue Line, leurs assassins préférés comme le Punisher ou leurs « moral patchs » Templiers, pour mener une prétendue “Reconquista” dans les “territoires perdus de la république”.

Interviewé par Frustration, Cédric Mas, historien militaire et président de l’Institut Action Résilience, nous explique que la mentalité “guerrière” au sein de la police ne vient pas de nulle part. Il s’agit d’une “tendance qui existe depuis longtemps dans les forces militaires. (...)

Selon Cédric Mas, la police est en partie “gérée par des anciens militaires, ce qui amène une tendance de militarisation chez l’institution”. En 2005, rappelle t-il, la réforme des grades de police à l’image de la gendarmerie, mais aussi le “surarmement de la police et la demande de véhicules blindés, pour une police donc qu’une large partie de sont travail doit être axé sur le renseignement et la prévention” vient appuyer cette tendance.

Cette militarisation et mentalité guerrière se traduit dans le terrain par une augmentation de l’utilisation des armes à feu, l’usage d’équipements militaires et des tactiques de combat, ce qui a des conséquences dévastatrices sur les communautés et les individus. Lorsque la police est perçue comme une force d’occupation plutôt que comme un service de protection, cela entraîne des abus de pouvoir e des violations des droits de l’homme. (...)

Si parler de réforme, voir l’abolition de la police de nos jours paraît lointain et est souvent associé aux revendications de gauche, plusieurs études aux États-Unis démontrent que le mythe guerrier empêche tout début de réflexion sur la manière de réformer la police. Pour Cédric Mas, historien militaire, “un policier est un agent public de la sécurité, pas un chevalier paladin ou un guerrier templier destiné à purifier les barbares.” De plus, dans une guerre, un militaire ne fait pas ses courses dans le même supermarché que son adversaire, et encore moins n’habite dans le même quartier, alors qu’un policier doit partager sa vie avec les gens qu’il policie”. (...)