Depuis vendredi, le gouvernement est sommé de s’expliquer sur les futures règles d’indexation précisées dans le projet de loi, alors que l’indicateur statistique annoncé n’existe pas encore.
Mercredi, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, est revenue sur le sujet lors du compte-rendu du conseil des ministres. « L’engagement, il est très clair : nous souhaitons avoir l’indexation de la valeur du point sur une donnée qui est plus dynamique que simplement l’inflation des prix d’un côté, et de l’autre côté nous avons un engagement très ferme, inscrit dans la loi, pour que la valeur du point ne baisse pas, de manière à garantir un niveau de pension adéquat pour l’ensemble des Français », a-t-elle assuré.
De quoi parle-t-on ? Jusqu’à présent, les choses semblaient relativement claires : le premier ministre, Edouard Philippe, avait assuré, le 11 décembre 2019, devant le Conseil économique, social et environnemental, que la loi « prévoira une indexation progressive non pas sur les prix, comme aujourd’hui, mais sur les salaires, qui, dans notre pays, augmentent plus vite que l’inflation » (...)
Si la mention de l’indexation sur les salaires est reprise dans l’étude d’impact publiée le 24 janvier, l’article 9 du projet de loi indique, lui, qu’elle suivra « l’évolution annuelle du revenu moyen par tête ». Une formulation devenue « revenu d’activité moyen par tête » après adoption d’un amendement gouvernemental en commission spéciale au Palais-Bourbon. (...)
Problème : le 7 février, devant la bronca des députés de l’opposition taxant l’exécutif d’« amateurisme », M. Pietraszewski a reconnu que cet indicateur « aujourd’hui n’existe pas » et reste « à créer ». Cette mission serait confiée à l’Insee. Pourquoi ce changement ? (...)
. « C’est révélateur de tout le reste, déplore Pierre Roger (CFE-CGC). Cela montre la totale impréparation du gouvernement sur le sujet. » D’autant, estime-t-il, que cela revient à « prendre le contre-pied de tout ce qu’a dit l’exécutif depuis deux ans, lui qui n’a cessé de claironner qu’il n’y aurait pas de baisse des pensions car la valeur du point serait fondée sur l’évolution du salaire moyen » (...)
Pourquoi calculer la valeur du point sur un mystérieux "revenu d’activité moyen par tête" plutôt que sur le salaire moyen ?
Car cet indicateur augmente moins vite que le salaire moyen du fait du gel du point d'indice des fonctionnaires ! #Entourloupe.https://t.co/imemHiB7tN
— Attac France (@attac_fr) February 13, 2020