Il faut bâtir par la délibération démocratique de nouvelles normes de justice sociale, éducative, fiscale et climatique, qui devront tourner le dos à l’hyperconcentration actuelle du pouvoir économique, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».
Chronique. Quand on évoque l’économie circulaire, on pense souvent au recyclage des déchets et des matériaux et à l’usage modéré des ressources naturelles.
Mais pour qu’un nouveau système durable et équitable puisse émerger, c’est l’ensemble du modèle économique qu’il faut repenser. Avec les écarts de richesses qui existent actuellement, aucune ambition écologique n’est possible. La sobriété énergétique ne pourra venir que de la sobriété économique et sociale, et non de la démesure des fortunes et des trains de vie. Il faudra bâtir par la délibération démocratique de nouvelles normes de justice sociale, éducative, fiscale et climatique ; elles devront tourner le dos à l’hyperconcentration actuelle du pouvoir économique. L’économie du XXIe siècle doit au contraire s’appuyer sur la circulation permanente du pouvoir, de la richesse et du savoir.
C’est grâce à la diffusion de la propriété et de l’éducation que le progrès social et humain que le progrès social et humain est devenu une réalité au cours du XXe siècle. (...)
Ce mouvement a été interrompu dans les années 1980-1990, à la suite d’un retour de balancier alimenté par la désillusion postcommuniste et la rupture reaganienne.
Le postcommunisme est alors devenu le meilleur allié de l’hypercapitalisme : des ressources naturelles surexploitées et privatisées au profit d’une minorité, un contournement systématique du système légal par les paradis fiscaux, une suppression complète de toute forme d’impôt progressif. (...)