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Reporterre
Un reporter à Notre Dame des Landes
Article mis en ligne le 16 novembre 2012

(...) Pour l’instant, me voilà dans le train à grande vitesse qui a quitté Paris à 8h52, à destination de Nantes, où je m’arrêterai pour me rendre à Notre Dame des Landes. J’y vais en tant que journaliste et à mes frais. Pour la chronique Ecologie du journal Le Monde, 2.440 signes hebdomadaires, paraissant le samedi, écrit le vendredi avant 16 h, en totale liberté, sous la réserve - que j’accepte sans barguigner - d’une discussion avec le directeur de la publication s’il le souhaite, discussions au demeurant rares. Mais je ne viens pas pour les page du Monde, un collègue y étant par ailleurs dépêché.

Je suis donc ici pour Reporterre, le site de l’écologie, qui, s’il ne remplit pas de lentilles l’assiette de ses contributeurs, ne leur mesure pas la place, aussi vaste que la mémoire du serveur informatique qui l’héberge. (...)

Camille, une jeune femme d’une trentaine d’années, ne s’appelle pas ainsi. Mais c’est le prénom public adopté par ceux du Groupe communication. "C’est une façon de rapporter quelque chose de collectif. Il y a une tendance à personnaliser dans les médias".

"Nous ne sommes pas un collectif, une entité géographique, un groupe qui rassemble tous les occupants, et encore moins ceux qui sont arrivés récemment, et ceux qui font du travail à distance, et l’assemblée générale qui prépare le 17 novembre. Il n’y a pas de tête dans le mouvement, donc on ne peut pas le décapiter. On fonctionne par horizontalité, il n’y a pas hiérarchie, de représentation, ce sont des individus.

"Ce n’est pas évident de ne pas avoir d’organisation, de ligne qui rassemble tout le monde. D’où une certaine fragilité." Mais, pourtant, quelque chose se passe, et c’est efficace.

On parle de la manifestation de réoccupation, qui était prévue de longue date : ce serait le 4e samedi après l’expulsion. On pensait que l’expulsion se ferait rapidement, la surprise a été que la résistance dure aussi longtemps, et parvienne à mettre en échec les autorités étatiques.
(...)

On discute pour savoir quel terme pourrait qualifier ceux qui sont ici. Anarchistes ? Tout le monde ne s’y reconnait pas. Altermondialistes ? Même chose. Autonomes, zadistes ? Itou. "Anticapitalistes ? - Oui, tout le monde s’y retrouverait. Il faudrait demander à chacun, mais tout le monde est opposé au capitalisme. L’aéroport est le symptôme de tout le système - et il y a plein d’autres luttes : les LGV, la THT, No Border, les immigrés, les Roms, "Un toit pour toutes et tous"... Là on se focalise médiatiquement ici, mais on ne veut pas oublier les autres luttes, comme dans la forêt de Hambach, en ce moment même, en Allemagne"

“Ce qui rassemble, c’est le refus du projet d’aéroport, mais aussi le choix d’occuper, le mode d’action" (...)