Imelda Cortez vient d’une famille pauvre et était abusée par son beau-père depuis ses 12 ans. Envoyée aux urgences à cause de saignements, le médecin urgentiste, suspectant une tentative d’avortement, a prévenu la police. Après une semaine à l’hôpital, Imelda Cortez a été placée en détention et attend désormais son procès. Elle n’a jamais eu l’autorisation de tenir contre elle la fille à qui elle a donné naissance. Son beau père n’a pas été inculpé. Une pétition pour sa libération rassemble 50.000 signatures
La chasse brutale aux femmes ayant avorté conduit aussi le Salvador à condamner des femmes après des complications lors de leurs grossesses. Ainsi, Teodora Vasquez, a passé dix ans en prison après une fausse couche, accusée d’avortement. Parmi les femmes poursuivies, celles de milieux pauvres et ruraux sont sur-représentées.
L’avortement est puni de deux à huit ans de prison mais pour Teodora Vasquez, comme aujourd’hui pour Imelda Cortez, les juges ont pour habitude de qualifier les faits d’homicide aggravé, puni de trente à cinquante ans derrière les barreaux.
Depuis sa libération, Teodora Vasquez se bat aux côtés des autres féministes du pays qui l’ont aidée à sortir. En plus d’elle, quatre femmes ont été libérées cette année mais au moins vingt-quatre autres sont toujours en prison pour des peines entre quinze et trente ans, selon le Center For Reproductive Rights.