(...) Si « la plupart des lycées agricoles publics ont désormais un atelier en agriculture biologique, reconnaît Joachim Benet Rivière, sociologue de l’éducation, sur le site The Conversation, la place du bio reste […] encore marginale dans les formations initiales. » En cause ? Le manque d’engagement de certains profs, voire certaines formes d’autocensure face à l’hostilité au bio de beaucoup d’élèves scolarisés dans ces filières… À quoi s’ajoutent des programmes peu contraignants, plus de dix ans après le lancement du plan « Enseigner à produire autrement » voulu par un ex-ministre de l’Agriculture. Pas sûr que l’entrée en vigueur, d’ici à la rentrée 2026, d’un nouveau programme, insistant sur le rôle des exploitations agricoles présentées comme des « démonstrateurs des transitions », suffise à inverser la vapeur.
Quoi qu’il en soit, Saltus Campus n’a pas attendu pour creuser ce sillon. Cet établissement privé, sous contrat avec le ministère de l’Agriculture, a ouvert en septembre 2022 (...)
Ce lycée hors norme doit beaucoup à la châtelaine Valentine de Ganay, héritière fantasque du domaine de Courances et copropriétaire avec neuf cousins de 730 hectares de terres. (...)
« C’est la plus grande propriété privée d’Île-de-France à être passée en bio d’un seul tenant. J’ai été mandatée par ma famille pour faire cette révolution », se félicite cette femme, la soixantaine élégante. Au sortir du Covid, ellhttps://mcinformactions.net/ecrire/?exec=article_edit&new=oui&id_rubrique=80#e se persuade de la nécessité de créer de nouveaux liens entre la ville et la campagne. Cernée par des agriculteurs qui ne jurent que par le « conventionnel », germe alors chez elle l’idée de créer une école pour apprendre à produire autrement. Le projet voit le jour grâce au soutien de l’État et de la Fondation de France.
Aujourd’hui, l’établissement scolarise dix élèves en CAPa et vingt-sept en bac pro – trente-sept ados et jeunes majeurs, dont un tiers vit en Seine-Saint-Denis. Mais pas question pour cette aristo excentrique de se faire passer pour une Robin des bois. Allergique à la langue de bois, justement, elle met les points sur les « i » : « Mon ambition n’est pas de sauver le 93 ! Ce lycée s’adresse aussi aux bourgeois de Paris et aux enfants d’agriculteurs du coin… » (...)