Condamné en appel à cinq ans de prison, vendredi 17 avril, le cinéaste Christophe Ruggia voit sa peine alourdie dans cette affaire emblématique du mouvement #MeToo cinéma. La justice a retenu des faits d’agressions sexuelles commis sur l’actrice alors qu’elle était mineure.
La cour d’appel de Paris a condamné le cinéaste Christophe Ruggia à cinq ans de prison, dont deux sous bracelet électronique, pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel alors qu’elle était âgée de 12 à 14 ans. Les faits se sont déroulés entre 2001 et 2004, dans la foulée du tournage du film Les Diables, premier rôle de l’actrice. La peine est plus lourde que celle prononcée en première instance en février 2025 ; le réalisateur avait été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous surveillance électronique. (...)
« Aucun doute »
Les juges ont retenu des agressions sexuelles commises lors de rendez-vous hebdomadaires au domicile parisien du cinéaste, de 24 ans l’aîné d’Adèle Haenel. Cette dernière a décrit de manière constante, depuis sa première prise de parole en 2019 jusqu’au procès en appel, des caresses répétées et non consenties.
La cour a affirmé n’avoir « aucun doute » sur la réalité des faits et a souligné leurs « conséquences avérées sur la santé mentale » de l’actrice, aujourd’hui âgée de 37 ans. Elle a également estimé qu’à cet âge, face à un adulte « trois fois son aîné », la jeune fille s’était trouvée « en état de sidération », « sous emprise psychologique », et n’avait pu s’en extraire que sous « la pression de son petit ami de l’époque ».
Pour les magistrats, il s’agit de faits « d’une extrême gravité » commis sur une pré-adolescente « tirée fortuitement de son milieu » par le monde du cinéma et « rapidement prise au piège de cette relation ».
Un parcours judiciaire éprouvant
À l’issue de l’audience, Adèle Haenel a évoqué un « parcours judiciaire assez éprouvant et difficile », disant penser « à tous les enfants victimes de pédocriminalité » (...)
Au cours de la procédure, Adèle Haenel a également décrit à la barre un traumatisme profond, évoquant une « image de soi complètement détruite depuis l’âge de 12 ans » et une dépression dont elle dit ne pas savoir si elle prendra fin.
Face à ces accusations, Christophe Ruggia a constamment contesté les faits. (...)
image : Touam (Hervé Agnoux), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons