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l’Humanité
Après avoir calomnié Francesca Albanese, Jean-Noël Barrot rétropédale
#FrancescaAlbanese #DroitsHumains #ONU #France
Article mis en ligne le 1er mars 2026
dernière modification le 28 février 2026

La France n’a pas demandé la démission de la rapporteuse spéciale sur les Territoires palestiniens occupés, contrairement à ce qu’affirmait le ministre des Affaires étrangères.

Après les calomnies, la reculade. Contrairement au discours entretenu par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’ambassadrice de France auprès des Nations unies n’a pas appelé à la démission de Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale sur les Territoires palestiniens occupés. La France s’était pourtant engagée à le faire lors de la réunion du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU qui s’est tenue mercredi 25 février. (...)

Devant l’Assemblée nationale le 11 février dernier, le ministre s’était pourtant affiché déterminé malgré l’évidence de la manipulation des propos de la rapporteuse spéciale, cible également des États-Unis de Donald Trump.

Lire aussi :

 (RFI)La France ne demande finalement pas la démission de la rapporteuse de l’ONU Francesca Albanese

Alors qu’elle avait exigé, le 11 février, la démission de Francesca Albanese après des propos concernant la guerre menée par Israël à Gaza, la France ne l’a finalement pas demandée. Lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, mercredi 25 février, la représentante française s’est contentée de critiquer les « déclarations extrêmement problématiques » de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés. La juriste italienne avait peu de chances de se voir poussée vers la sortie.

Après le lancement de la polémique par des députés français, qui avaient attribué faussement à Francesca Albanese des propos sur Israël, le Conseil des droits de l’homme avait condamné des « attaques vicieuses » contre la rapporteuse. Il avait aussi dénoncé « les actions de ministres de certains États qui s’appuient sur des faits inventés et critiquent Mme Albanese pour des déclarations qu’elle n’a jamais faites ». Des soutiens étaient également venus de juristes et de diplomates.

Est-ce pour cela que la France n’a pas demandé la destitution de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens au Conseil des droits de l’homme ? Le Quai d’Orsay n’a pas répondu immédiatement à RFI sur ce point. (...)

 (Le monde diplomatique)
Francesca Albanese : Réponse à mes détracteurs

Depuis plus de deux ans, mon mandat fait l’objet de polémiques soigneusement orchestrées, et d’une virulence croissante. Le 8 février, une députée française a attaqué ma personne sur la base de déclarations tronquées me faisant dire qu’Israël « est l’ennemi commun de l’humanité », alors que mon discours visait les pays qui ont armé Israël, ainsi que les médias et les algorithmes des réseaux sociaux qui ont amplifié le discours génocidaire. Sans prendre soin de vérifier la teneur exacte de mes dires ni examiner les faits, le ministre des affaires étrangères français Jean-Noël Barrot s’est aussitôt fait l’écho de ces attaques à l’échelle internationale, condamnant comme « outranciers et coupables » des propos que je n’ai jamais tenus et annonçant que la France saisirait le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour appeler à ma démission. Ses homologues italien, allemand et tchèque lui ont emboîté le pas, sans davantage procéder aux vérifications élémentaires qu’exige leur charge. Le 19 février, le premier ministre français Sébastien Lecornu a publiquement repris la même demande.

Si la critique est inhérente à toute fonction publique, plus encore quand elle touche aux droits humains, cette affaire révèle un aspect troublant : l’acharnement avec lequel certains États préfèrent s’en prendre à la messagère plutôt que d’essayer de réfuter le message. (...)