En l’espace de 4 ans, la livre libanaise n’a cessé d’être dévaluée pour que le pouvoir se maintienne à flot. La monnaie du Liban a ainsi perdu 99% de sa valeur, plongeant plus de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté. Comme c’est souvent le cas lors de crises d’une telle envergure, les inégalités de classes se creusent davantage. Le pays fait face à une fuite de cerveaux sans précédent, les plus diplomé-es (et plus favorisé-es) partent du pays. Ne restent que les populations les plus démunies face à ceux qui profitent de la situation.
Le Liban se trouve donc également dans une impasse politique. (...)
Les relations entre Israël et le Liban sont marquées par des périodes de conflit, notamment la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, un parti chiite dont l’objectif défini est la résistance contre Israël. Depuis lors, la frontière entre les deux pays demeure tendue, avec des incidents fréquents. Les activités militaires et les rivalités régionales ont instauré un climat de méfiance mutuelle, accroissant le risque d’une escalade imprévisible. (...)
Depuis le 7 octobre et l’attaque du Hamas, qui perce la frontière de Gaza, puis les représailles immédiates de l’armée israélienne, la milice dirigée par Hassan Nasrallah bombarde quotidiennement les positions militaires israéliennes le long de la frontière libano-palestinienne. Dans l’autre sens, Israël multiplie les bombardements sur le Liban, notamment sur des quartiers d’habitations au mépris de la vie des civils qui s’y trouvent, risquant l’embrasement de la région.
Actuellement, Tsahal se prépare à des incursions terrestres au Liban, ce qui serait une première depuis 2006. Le Hezbollah affirme avoir déjà déjoué deux tentatives en début de semaine. Le 5 mars dernier, le président de l’assemblée du parti chiite déclarait : “Nous ne souhaitons pas la guerre, mais nous sommes prêts à y faire face.” Le risque d’escalade semble particulièrement fort. (...)
L’État israélien semble déterminé à profiter du contexte de la guerre à Gaza et du soutien inconditionnel des États-Unis pour se débarrasser du Hezbollah au nord de sa frontière. (...)
Quant à la question de la réaction de Macron en cas d’invasion israélienne au Liban, comme cela s’est produit en 2006, cela reste difficile à prévoir
Que fera Macron si Israël dépasse une nouvelle fois les frontières ?