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Marie-Claude Saliceti
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Après leur expulsion vers l’Iran, le destin incertain de deux sœurs émeut la Suède
#Suede #migrants #immigration #expulsions
Article mis en ligne le 22 avril 2026
dernière modification le 21 avril 2026

Deux sœurs, Darya et Donya, font partie des nombreux adolescents et jeunes adultes nés à l’étranger qui, après avoir grandi et été scolarisés en Suède, ont reçu des avis d’expulsion à leur majorité. Toutes deux ont été déportées seules vers l’Iran où pendant de longues semaines, personne ne savait si elles étaient encore en vie. Leur histoire a suscité une vive émotion en Suède, où la population suit de très près leur histoire.

Quasiment tout le monde en Suède connaît l’histoire de Donya et Darya Javid Gonbadi. Leur demande de titre de séjour a pris presque trois ans, période durant laquelle elles ont eu le temps d’entamer des études d’infirmières près de Göteborg mais surtout de devenir majeures. Car les règles migratoires sont devenues, ces dernières années, beaucoup plus strictes.

En octobre dernier, elles ont donc été expulsées vers l’Iran, seules, sans leur famille qui a pu rester en Suède. L’agence des migrations leur a dit de faire une demande de visa étudiant à distance. En principe, cela ne prend que 3 à 4 semaines. Les filles étaient certaines de pouvoir rentrer mais leur demande a été rejetée. (...)

Elles sont donc coincées depuis en Iran sous les bombardements. Peu après le début de la guerre, elles ont écrit dans un groupe WhatsApp : "Au revoir, nous allons mourir. On vous aime, ne nous oubliez pas". Elles n’ont plus donné aucun signe de vie pendant cinq semaines, jusqu’à jeudi dernier, quand Leo Ahmed, le militant pour le droit des migrants qui suit leur cas, a pu leur parler cinq minutes au téléphone.

"Elles disent avoir développé un stress post-traumatique à vie. Même si elles ne sont pas blessées physiquement, elles vont très mal psychologiquement. Elles n’ont pas d’internet. Elles sont enfermées là-bas. Ces derniers mois ont été très difficiles. Il n’y avait parfois plus de nourriture, l’électricité a des fois été coupée. Et puis dehors, juste devant leur fenêtre, il y a des bombardements. Il faut qu’elles survivent. J’ai dit qu’il fallait leur permettre de gérer leur procédure d’appel en Suède. Elles sont prêtes à être placées en centre de rétention à Göteborg en attendant", explique le militant.
"La loi doit être changée"

Pendant ce court appel téléphonique, Leo a dû leur dire que le tribunal avait définitivement rejeté leur demande. La décision est finale. Elles ne peuvent donc plus faire appel et sont dévastées. Elles racontent à Léo que tout ce qu’elles veulent, c’est rentrer à la maison et prendre leur mère dans les bras. (...)