La voiture a beau être l’un des principaux agents de destruction de la vie sur Terre, elle a beau tuer un million d’êtres humains par an dans le monde, rien ne semble défaire notre amour pour elle, ni notre dépendance structurelle vis-à-vis de ses promesses – confort, rapidité, praticité, élégance. Elle constitue, depuis bientôt un siècle, la clef de voûte de notre organisation spatiale, sociale et affective.
Il est plus que temps d’analyser notre relation toxique avec elle, de se libérer de ses séductions factices et coûteuses, et de mettre un terme aux ravages planétaires qu’elle entraîne.
Ancien petit garçon amoureux des voitures, Kilian Jörg explore ici la façon dont la bagnole informe l’idée que nous nous faisons de la « liberté », de la « normalité », de la « raison » et de la « nature » – au point de devenir l’objet emblématique de l’hybris capitaliste et de transformer chacun de nous en micro-fasciste. (...)
L’auteur
Kilian Jörg est un·e artiste et philosophe de l’écologie autrichien né en 1990, travaillant sur la catastrophe écologique et sur la manière dont nous pouvons y répondre culturellement. Docteur en philosophie, iel œuvre dans divers pays, collectifs et disciplines. (...)
Sommaire
Vers une politisation de la voiture
La voiture, moteur de l’« homogénocène »
La pérennisation de la guerre
En route vers la nature ?
Le nivellement du monde
L’État et la mort
L’inscription du danger de mort dans le quotidien
La destruction de l’espace
L’héritage matériel du fascisme
Le fascisme et le capitalisme consumériste
Pétronormalité
L’homme, la mort et la machine
Le microfasciste en chacun de nous
La pulsion destructrice
Phallus et crash
Les flux mécaniques de l’époque moderne
Dans les embouteillages du futur
Utopies dans les ruines de la modernité
Des mondes contre le monde
Escalade ou partage des mondes
Pour une reconstruction de nos désirs
Postface de François Guerroué
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