Pour expliquer l’extinction de cette espèce d’humains, intervenue il y a environ 40 millénaires, les scientifiques explorent les indices génétiques, archéologiques mais aussi sociétaux et culturels laissés par les derniers représentants d’« Homo neanderthalensis ».
L’enquête scientifique est audacieuse. Qu’est-il arrivé à l’homme de Neandertal, cette espèce dont les plus anciens vestiges retrouvés jusque-là remontent à 450 000 ans et qui a subitement disparu il y a environ 42 000 ans, après avoir laissé des traces dans toute l’Eurasie occidentale, en Espagne, en France, en Allemagne, et jusqu’au Caucase et aux montagnes sibériennes de l’Altaï ? (...)
il y a 75 000 ans, une période de froid s’abat sur l’aire de répartition des Néandertalien·nes. La diversité génétique diminue et les sites se concentrent sur un espace limité : la population néandertalienne semble se contracter et se réfugier dans des zones plus clémentes, en particulier dans le sud-ouest de la France. (...)
« Je crois qu’on n’arrivera pas à comprendre « Homo sapiens », Neandertal et sa disparition en ne regardant que leurs gènes. »
Ludovic Slimak, préhistorien (...)
« Les hommes modernes ont ce besoin intrinsèque de tous faire la même chose et les différences culturelles ne sont pas valorisées, sous peine d’ostracisation. Cette uniformisation donne une très forte cohésion sociale, raconte Ludovic Slimak. Neandertal, lui, ne se comporte pas du tout comme cela : il vit sur de petits territoires, de façon assez indépendante, individuelle, sa liberté d’être est entière. »
Alors est-ce ainsi que s’évanouit une humanité ? Parce que ses membres rencontrent une autre humanité, trop efficace dans tout ce qu’elle entreprend et dont ils ne comprennent pas la façon d’être ? (...)
image : Jakub Hałun, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons