Elle était une icône de la cause noire et des droits LGBT+ au Brésil. Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro, a été tuée par balles en 2018. Par qui ? Pourquoi ? Le procès des commanditaires de cet assassinat politique s’est ouvert mardi 24 février à la Cour suprême de Brasilia. Au banc des accusés : deux anciens députés et des policiers soupçonnés d’être liés au crime organisé.
Criblée de balles avec son chauffeur en plein centre-ville, Marielle Franco, 38 ans, lesbienne, noire, militante infatigable des minorités, s’opposait aussi, très frontalement, au sein du conseil municipal à l’accaparement de terres par des milices qui sèment la terreur dans les quartiers populaires. Voilà le mobile du crime selon le parquet, qui accuse les frères Brazao – Chiquinho et Domingos –, députés au moment des faits, d’avoir commandité l’assassinat de cette figure de la gauche pour protéger leurs affaires.
L’acte d’accusation affirme qu’ils protégeaient des milices et des groupes para-policiers qui pratiquent l’extorsion pour mettre la main sur des terrains publics afin d’y construire illégalement des logements ou des centres commerciaux... Un système d’emprise sur les quartiers qui leur aurait permis de sécuriser des votes.
La sœur de Marielle Franco dénonce une « violence politique » inadmissible
Leur implication, tout comme celle de trois anciens policiers jugés ce mardi 24 février, repose notamment sur les aveux du tireur, déjà condamné à 78 ans de prison en 2024. Il avait reconnu avoir agi par appât du gain : plusieurs millions de dollars offerts pour faire taire Marielle Franco. (...)