Le projet de loi de finances a été définitivement adopté, lundi 2 février, par l’Assemblée nationale. Parmi les textes adoptés, celui d’un "recentrage" du dispositif d’Aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiants internationaux. Les jeunes étrangers, non citoyens de l’Union européenne et non boursiers, en seront désormais exclus.
Ce "recentrage budgétaire", évoqué par le gouvernement, suscite de vives réactions, notamment chez les associations étudiantes qui craignent un plongeon dans l’extrême précarité des étudiants plus pauvres. L’APL varie entre 150 et 250 euros par mois et permet d’offrir un petit filet de sécurité à ses bénéficiaires qui peinent à se loger à des prix décents. (...)
Arthur Delaporte, qui s’est battu contre cette mesure au Parlement, affirme à InfoMigrants que son groupe va contester cette mesure devant le Conseil constitutionnel car cela "vient réduire les droits des étrangers".
Toutefois, il tient à nuancer son impact. "Ce gel des APL ne se fera pas de façon indiscriminée", affirme-t-il. C’est du moins la promesse faite par la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin. (...)
"La ministre [Amélie de Montchalin] a répondu [lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la semaine dernière] que cette mesure ne touchera pas tous les étudiants étrangers non boursiers de manière indiscriminée. Ceux qui présentent des conditions de ressources limitées, ceux qui sont précaires, pourront toujours bénéficier des APL. L’idée n’est pas de sanctionner les étrangers plus fragiles mais d’en exclure les étudiants internationaux les plus riches", détaille Arthur Delaporte, qui dénonçait dans l’hémicycle une "préférence nationale insupportable".
Mais pour l’heure, difficile d’avoir des précisions sur la façon dont les ressources des étudiants précaires non boursiers seront prises en compte. (...)
À l’inverse, les APL augmenteront pour tous les autres étudiants. "Les étudiants boursiers, quelle que soit leur nationalité (...)
Le nouveau budget de l’Enseignement supérieur prévoit aussi de répondre à l’urgence de la précarité étudiante. À partir du 1er mai 2026, tous les étudiants français et étrangers, boursiers ou non, pourront bénéficier des repas à 1 euro (au lieu de 3,30 euros). Les doctorants seront également mieux rémunérés : de 1 769 euros (en 2020) à 2 300 euros aujourd’hui. (...)