Rafah c’est le seul point de passage pour rentrer à Gaza sans passer par Israël puisque c’était une ville à la fois égyptienne et gazaouie sachant que maintenant la partie gazaouie a été totalement détruite par Israël. Pour les Palestinien.ne.s de Gaza, le point de passage de Rafah a longtemps été le seul lien avec l’extérieur.
Lundi 2 Février la réouverture de Rafah, tant attendue, a vu encore des retards considérables imposées par les autorités israéliennes qui ont permis à seulement 5 patient.e.s nécessitant une évacuation médicale de quitter Gaza et seulement 12 Palestinien.ne.s ont été autorisée.e.s à y retourner ; très loin des promesses de 50 entrées et 150 évacuations par jour promises. Plus de 20 000 patitent.e.s attendent de pouvoir être évacué.e.s et seules les personnes ayant quitté Gaza pendant la guerre sont autorisées à rentrer par Rafah après un contrôle de sécurité rigoureux. Pour finir le tableau de « la porte du retour alourdie » Israël fera en sorte que davantage de personnes soient autorisées à sortir plutôt qu’à entrer….
Abu Amir fait le récit le 4/02 du retour des rapatriés vers Gaza qui s’est transformé en parcours d’humiliation, d’interrogatoires et de longues attentes. (...)
Depuis le hall égyptien : le début de l’attente et du tri
Le voyage du retour commence dans le hall égyptien réservé au rassemblement des rapatriés. Là, les arrivants se réunissent dès l’aube, portant des dossiers médicaux, de petits bagages et des documents personnels, et font la queue sous une surveillance sécuritaire stricte. S (...)
Personne ne sait exactement quand il sera autorisé à partir, combien de temps durera le trajet, ni ce qui l’attend après le passage. Certains rapatriés ont attendu de longues heures à l’intérieur du hall avant d’être autorisés à monter dans les bus, tandis que d’autres sont restés bloqués malgré la présence de leurs noms sur les listes, en raison de « vérifications supplémentaires » ou de « procédures de sécurité ».
Le transfert vers le poste palestinien : passage frontalier, parcours de fouille (...)
les effets personnels ouverts et certains objets confisqués sous prétexte de contrôle ou d’interdiction sécuritaire. Des témoins décrivent ce moment comme un choc pour beaucoup, d’autant plus que certains transportaient tout ce qui leur restait comme biens après le déplacement, le traitement médical et le voyage. La confiscation d’un téléphone, d’une somme d’argent ou d’un document personnel n’était pas un simple acte administratif, mais un coup psychologique dur, surtout pour ceux qui retournent à Gaza sans logement stable ni source de revenus.
Le transfert des rapatriés vers d’autres zones hors du périmètre du poste
À une étape ultérieure, certains rapatriés n’ont pas été autorisés à entrer directement à Gaza par la porte du poste-frontière. Des groupes ont été transférés vers d’autres zones proches des lignes de contrôle militaire, utilisées comme zones de tri sécuritaire ou d’attente. Là, le processus de vérification recommence, (...)
Le transfert des rapatriés vers d’autres zones hors du périmètre du poste
À une étape ultérieure, certains rapatriés n’ont pas été autorisés à entrer directement à Gaza par la porte du poste-frontière. Des groupes ont été transférés vers d’autres zones proches des lignes de contrôle militaire, utilisées comme zones de tri sécuritaire ou d’attente. Là, le processus de vérification recommence (...)
La contrainte et le bandeau sur les yeux : briser le sentiment de contrôle
Selon des témoignages concordants, certains rapatriés ont été soumis à des mesures sévères, notamment le menottage et le bandeau sur les yeux lors de leur transfert vers les points d’interrogatoire. (...)
Le retour à la patrie s’était transformé en une expérience de détention temporaire, chargée de peur et d’humiliation.
Les interrogatoires : des questions qui dépassent l’identité (...)
Où étais-tu pendant ta période hors de Gaza ? Avec qui as-tu été en contact ? Qui t’a accueilli ? Pourquoi as-tu voyagé ? Que transportes-tu dans ton sac ? Et qui sont tes proches à l’intérieur de la bande de Gaza ?
Certains rapatriés ont confirmé que les interrogatoires ont duré plusieurs heures, allant de deux à cinq heures ou davantage, sans qu’ils soient autorisés à se reposer suffisamment ni à savoir quand l’interrogatoire prendrait fin. À ce stade, le temps devient pesant, et les minutes se transforment en fardeau psychologique, surtout en l’absence d’informations et face à l’incertitude du sort.
L’attente après l’interrogatoire : suspendre le retour dans le vide (...)
Cette longue attente a transformé le retour à Gaza en un périple qui s’étend sur une journée entière, voire plus, rempli d’épuisement physique et de pression psychologique, en particulier pour les malades, les personnes âgées et les enfants. (...)
Le retour s’est transformé en un parcours dur mettant à l’épreuve la patience, la dignité et la capacité de résistance. (...)