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RFI
Cinq essais d’extrême droite en tête des ventes des librairies en France en 2025
#extremedroite #edition #librairies #Bolloré
Article mis en ligne le 13 janvier 2026

Les ouvrages de Jordan Bardella, d’Éric Zemmour, ou de Philippe de Villiers ont fait de très bonnes ventes en 2025 en France, ce dernier dépassant même les 175 000 exemplaires vendus. Ce succès marque un contraste frappant avec les années précédentes, car les ouvrages d’extrême droite peinaient jusque-là à trouver leur public.

Ce phénomène reflète-t-il une extrême droitisation d’une partie de la population française ? Sans doute, mais il y a sans doute une autre explication, plus concrète. Il y a quelques années, les essais d’extrême droite se vendaient mal, car ils étaient mal distribués, seules des maisons d’édition plutôt confidentielles les publiaient (...)

Et c’est mécanique : lorsqu’on est publié par un grand groupe, on est mieux distribué, mieux promu, donc forcément, les ventes sont meilleures.

L’empire Bolloré, de l’édition à la promotion (...)

À noter que seuls certains écrits publiés chez Fayard bénéficient de la force de frappe du groupe Bolloré (...)

Idéologie ou stratégie économique ?

Pour autant, peut-on dire qu’il y a une dimension idéologique dans cette « stratégie intégrée » du groupe Bolloré ? Quoique non officiel, force est de constater que les médias du groupe ne mettent en avant que des livres politiquement très, très à droite, conformément à leur ligne éditoriale.

Ce qui soutient aussi cette théorie, c’est qu’économiquement, le calcul n’est pas forcément gagnant (...)

Ce succès des essais d’extrême droite est en partie un trompe-l’œil. Les médias du groupe Bolloré les mettent en avant, les magasins de l’empire les mettent en valeur, on est donc amenés à penser que ces essais sont les plus grands succès en librairie. Pourtant, à y regarder de plus près, Giuliano da Empoli, très critique de l’extrême droite, a vendu 180 000 exemplaires de son livre L’heure des prédateurs l’an dernier, soit 5 000 de plus que Philippe de Villiers. Et sans être perfusé, promu, diffusé, par l’empire Bolloré.

Lire aussi :

 (Le littéraire)
Giuliano Da Empoli, L’heure des prédateurs

Les nouveaux princes

Giuliano Da Empoli, écrivain italien et enseignant, auteur entre autres des Ingénieurs du chaos, brosse ici un essai au scalpel sur le bouleversement du monde dans la disparition de la politique. Remplaçant la fiction par la réalité, l’auteur croque des personnages de prédateurs. Héritiers de Machiavel, ils font évoluer et progresser un monde illégitime sans aucunes règles face à la sidération des adversaire.
Nous sommes donc entrés dans l’époque de l’erreur. Elle est non conjoncturelle, elle perdure par l’irruption d’une nouvelle forme de violence dans des technologies offensives (dont le numérique) où non seulement les dirigeants mais les « Gafa » prennent le pouvoir en conquistador. (...)