La comète 3I/Atlas est l’un des trois seuls objets repérés comme venant d’un autre système que le nôtre. Il a fait le buzz médiatique lorsque certains ont cru voir des preuves de technosignature extraterrestre. Le Green Bank Observatory a levé tous les doutes...
L’astronomie dispose désormais d’un protocole de réaction rapide face aux "intrus" galactiques. Depuis la détection de l’objet interstellaire 3I/ATLAS (C/2025 N1) en juillet dernier, la communauté scientifique s’est mobilisée pour caractériser ce voyageur. Mais au-delà de sa trajectoire, c’est sa nature — naturelle ou artificielle — qui a captivé l’opinion. (...)
Si la plupart des astronomes ont vu en 3I/ATLAS une comète fascinante mais absolument naturelle, l’astrophysicien de Harvard Avi Loeb a rapidement dressé une liste d’anomalies. Selon lui, l’objet présentait des caractéristiques trop spécifiques pour être purement fortuites. Rappelons qu’il est coutimer des annonces fracassantes liées à la possibilité de contact avec une technologie extraterrestre.
D’abord, sa trajectoire : l’objet est aligné à moins de 5 degrés avec le plan de l’écliptique, une configuration qui n’a que 0,2 % de chances de se produire de manière aléatoire. Plus troublant encore, son passage prévu près de Jupiter en mars 2026 correspond exactement à la sphère d’influence gravitationnelle de la géante gazeuse, un rendez-vous dont la probabilité est estimée à 1 sur 26 000.
Loeb a également pointé un ratio nickel-fer inhabituellement élevé et une provenance coïncidant avec la direction du célèbre signal "Wow !" de 1977. Pour le chercheur, l’objet méritait un "Niveau 4" sur son échelle de technosignature, suggérant une possible sonde automatisée en mission de reconnaissance.
Cette effervescence académique a fini par déborder sur la sphère médiatique la plus large. (...)
L’intérêt du public pour le "fin mot de l’histoire" a poussé le programme "Breakthrough Listen" à accélérer ses recherches pour vérifier si, au-delà des probabilités orbitales, l’objet émettait un signal intelligent.
Le verdict des données : un silence cométaire (...)
Les résultats sont tombés : aucune technosignature n’a été identifiée. Malgré les statistiques intrigantes vues par Loeb, 3I/ATLAS est resté désespérément muet. Les observations optiques complémentaires ont d’ailleurs confirmé la présence d’une coma (chevelure de gaz), signature typique d’une comète glacée s’évaporant à l’approche du Soleil.
Si l’absence de signal décevra les partisans de l’hypothèse artificielle, elle constitue une réussite méthodologique. Pour la première fois, la science a pu répondre en temps réel à un emballement médiatique par des données physiques irréfutables. (...)