La politique de l’énergie annoncée par le gouvernement est-elle adaptée aux nouvelles conditions géopolitiques et climatiques ?
Anne et Pierre Peguin mars 2026
C’est dans la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Energie censée guider sa politique de l’énergie jusqu’en 2035, que l’État précise ses intentions. https://www.economie.gouv.fr/ppe-planifier-la-decarbonation-de-la-france
Pour l’essentiel la programmation prévoit de développer la production d’électricité nucléaire, de freiner celle des renouvelables, de limiter l’utilisation des hydrocarbures en électrifiant autant que possible l’essentiel des consommations d’énergie, sans qu’il soit question de sobriété.
L’objectif est de passer de 60 % d’énergies fossiles dans la consommation à 60% d’énergie dite décarbonée d’ici 2030, ?et 70 % en 2035.
La construction de six nouveaux EPR annoncée par le gouvernement est confirmée, tandis que les renouvelables sont ralentis par un coup de frein sur le photovoltaïque et l’éolien terrestre.
L’Etat fait le pari d’une électrification progressive et massive de l’économie : véhicules électriques, pompes à chaleur, électrification de l’industrie, data centers, etc.
Notons que les partis de droite et d’extrême droite appellent à une relance importante du nucléaire, le Parti communiste le soutient également alors que les autres partis de gauche et écologique défendent le développement des énergies renouvelables.
Déja on observe la cohabitation difficile entre le nucléaire et les renouvelables.
– Prétendre que l’électricité nucléaire est une énergie décarbonée est un mensonge, l’extraction extrêmement polluante du minerai d’uranium, son transport jusqu’en France, les différentes transformations chimiques entre diverses usines, la fabrication du « combustible », la construction des usines et des réacteurs puis leur démantèlement difficile, enfin la gestion pour des milliers d’année des « combustibles » usés font de tout cela beaucoup de pollutions chimiques, de consommations d’énergie le plus souvent hydrocarbonées dégageant chaleur et gaz à effet de serre (dont la vapeur d’eau qui s’échappe des tours de refroidissement).
– L’électricité nucléaire n’est pas la moins chère du marché, loin de là, si on prend en compte son véritable coût incluant tout le cycle du combustible, la construction et le démantèlement des centrales et des usines, la gestion des combustibles usés extrêmement dangereux ! Voilà pourquoi mondialement la production d’électricité renouvelable se développe très vite alors que celle d’électricité nucléaire stagne.
– Provoquant le surendettement d’EDF, le nucléaire plombe l’économie du pays*. (...)
Le nucléaire est fragilisé par les bouleversements climatiques, refroidissement des réacteurs compromis par les sécheresses caniculaires, inondations des sites nucléaires en bord de mer ou des fleuves.
– Le nucléaire fragilise le pays : En cas de conflit militaire chaque installation nucléaire peut être facilement bombardée provoquant une catastrophe atomique (on vit ce terrible risque en Ukraine où la centrale de zaporijia fait courir un risque à l’échelle européenne).
– Le nucléaire n’assure pas l’indépendance énergétique :Tout l’uranium est importé et pour une bonne part du géant nucléaire russe, Rosatom. Le peu d’indépendance énergétique du pays n’est apporté que par l’électricité d’origine renouvelable, utilisant l’énergie locale du vent, du soleil, de l’eau.
Quant aux installations éoliennes et solaires, une fois construites, elles fonctionnent,
. Sans avoir besoin d’être alimentées par un combustible, soleil, vent, eau y pourvoient.
. Sans produire de chaleur alors que les centrales atomiques n’arrivent à transformer qu’un tiers de la chaleur dégagée par la fission de l’uranium ; la chaleur des deux autres tiers rejetée dans l’eau ou dans l’air contribue notablement au réchauffement climatique.
. Sans produire de déchets, alors que les réacteurs atomiques génèrent des déchets nucléaires de très haute dangerosité et pour lesquels on ne dispose pas de solution convenable pour les gérer.
. Le démantèlement des installations renouvelables est beaucoup plus simple et sans danger, que celui des équipements atomiques devenus très radioactifs. (...)