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Marie-Claude Saliceti
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RFI
Défense : l’accord entre OpenAI et l’armée américaine pose de multiples questions
#USA #Trump #OpenAI
Article mis en ligne le 1er mars 2026

C’est finalement OpenAI qui mettra son dispositif d’intelligence artificielle au service de l’armée américaine. Décision du Pentagone après qu’une autre entreprise du pays, Anthropic, a refusé d’ouvrir sans restriction son logiciel à l’armée, provoquant de ce fait la colère de Donald Trump. OpenAI assure avoir mis les mêmes garde-fous. Mais en réalité, la ligne rouge posée par le géant de l’intelligence artificiel pourrait être plus souple.

Le patron d’OpenAI l’assure : son intelligence artificielle refusera la surveillance de masse et nécessitera la validation humaine pour autoriser une frappe. C’est justement sur ces restrictions, que son concurrent Anthropic, avait refusé de céder. Il reste de multiples questions, comme le souligne Alain Garnier, président de la startup française Jamespot : « Une des questions, c’est, est-ce que les IA ont le droit, par exemple, d’être autonomes pour agir sur l’armement. En fait, on leur a mis des garde-fous pour éviter de faire un certain nombre de choses, dont évidemment la possibilité de tuer quelqu’un. La question centrale est de savoir si on peut livrer ce système en enlevant ces verrous. »

Ainsi, en refusant de lever cette restriction, Anthropic a été accusé de « trahison » par le ministre de la Défense américain. Pourtant, OpenAI mettrait en œuvre les mêmes restrictions. Mais pas si sûr selon Alain Garnier : « Ils prennent évidemment un risque réputationnel. Je pense qu’ils évoquent publiquement les garde-fous et qu’en interne, ils s’arrangent. Ils ne vont pas aller sur les plateaux de télé pour s’en vanter. Je vois plutôt cela comme ça. Anthropic avait une position inflexible, en externe comme en interne. Open AI semble beaucoup moins regardant. »

Cet accord entre OpenAI et l’armée américaine divise en tout cas profondément. Le vendredi 27 février, 400 employés d’Open AI ont exprimé leur soutien à Anthropic dans une lettre ouverte. (...)

Quelques heures avant l’annonce de son accord avec le Pentagone, la start-up américaine OpenAI a annoncé une levée de fonds colossale : 110 milliards de dollars. Une opération qui valorise désormais le créateur de ChatGPT à 730 milliards de dollars – du jamais-vu pour une entreprise aussi jeune. (...)

Cette levée de fonds illustre cette nouvelle bataille mondiale pour dominer l’intelligence artificielle qui ne fait que s’intensifier, une course dans laquelle OpenAI veut rester en tête.