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Marie-Claude Saliceti
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l’Humanité
Dons défiscalisés aux associations d’extrême droite : un « financement quasiment occulte », dénonce Eric Coquerel
#extremedroite #Nemesis #antifascisme #LFI
Article mis en ligne le 20 avril 2026
dernière modification le 18 avril 2026

Avec un ton grave, Alice Cordier, présidente du collectif Némésis, interpelle ses soutiens : « Vous aussi, vous en avez marre que l’argent de vos impôts serve à financer l’arrivée massive des migrants, les transitions de genre et la construction de mosquées ? Aujourd’hui, vous avez le choix. » Cette vidéo du 21 décembre 2024 vante la possibilité de défiscaliser ses dons au profit du collectif d’extrême droite, lié aux réseaux néofascistes, identitaires et néonazis.

En effet, Némésis a déclaré son association mère, nommée Féminines & féministes, comme d’intérêt général, sans que l’administration fiscale ou la Cour des comptes, qui en ont le pouvoir, ne l’ait retoquée après coup. Ainsi, les dons qui lui sont faits ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % du montant versé.

Ce qui est précisé sur le site de Némésis, pour inciter les donations, via des plateformes de paiement en ligne ou en cryptomonnaie. (...)

Alerté à ce sujet par Libération cette semaine, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, a annoncé saisir l’administration fiscale et demandé l’ouverture d’une enquête au ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel.

Néonazies et d’« intérêt général » ?

L’objectif serait de retirer le caractère « d’intérêt général » de l’association. Selon l’article 200 du Code général des impôts, un tel organisme doit pouvoir justifier d’un « caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à l’égalité entre les femmes et les hommes ». (...)

les liens entre le collectif et les réseaux néofascistes et néonazis sont, ose-t-on encore l’espérer, incompatibles avec la notion d’ « intérêt général ». Une enquête de StreetPress et Reflets, parue ce mercredi, démontre qu’une dizaine de membres de groupuscules, dont des adorateurs d’Adolf Hitler, composaient le « service d’ordre » venu épauler Némésis à Lyon le 14 février, avant l’affrontement contre des militants antifascistes qui a abouti à la mort de Quentin Deranque. (...)

Le 24 février, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a qualifié Némésis de « groupuscule de la mouvance identitaire susceptible de faire l’objet d’une procédure de dissolution », qui n’a pas été ouverte à ce jour. Une définition très éloignée de celle d’une « association d’intérêt général ».