La Cour suprême des États-Unis a estimé vendredi qu’une bonne part des droits de douane imposés par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche était illégale, mettant à bas un pilier essentiel de son programme économique. Mais le président américain a annoncé dans la soirée avoir signé un décret imposant une nouvelle taxe douanière mondiale de 10% qui entrera en vigueur le 24 février, pour une durée de 150 jours.
Des remboursements en vue ?
La décision de la Cour suprême annule de fait les droits de douane dits « réciproques », qui avaient été imposés à la quasi-totalité des produits entrant aux États-Unis. Cette décision ne concerne toutefois pas les droits de douane appliqués à certains secteurs d’activités tels l’automobile, l’acier et l’aluminium ou les produits pharmaceutiques. (...)
Donald Trump avait brossé un tableau volontairement sombre mi-janvier, parlant de « centaines de milliards de dollars » à rembourser en cas de décision défavorable de la Cour suprême.
Vendredi il s’est montré plus direct, estimant que la question se réglerait au tribunal. (...)
Remise en cause des négociations
Au-delà des effets directs, la décision de la Cour suprême pourrait peser sur la capacité du gouvernement à signer des accords commerciaux avec ses partenaires, la volonté de ces derniers de faire baisser la facture ayant joué un rôle majeur dans le fait d’ouvrir les négociations.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a admis ces dernières semaines qu’une telle décision risquait de faire perdre au gouvernement la « flexibilité offerte par l’utilisation des droits de douane » en tant que levier de négociations. (...)
La solution la plus évidente pour le gouvernement serait de passer par une loi votée par le Congrès lui donnant les pouvoirs nécessaires pour réinstaurer les droits de douane. Une telle issue pourrait cependant être longue et difficile à obtenir alors que les élections de mi-mandat approchent à grands pas et que certains républicains ont exprimé des réticences face à l’usage extensif fait par Donald Trump des droits de douane.