Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Politis
En Iran, face à la terreur des mollahs, les femmes résistent
#iran #femmesvieliberte
Article mis en ligne le 10 mars 2024
dernière modification le 17 mars 2024

En Iran, la discrimination des femmes est organisée par des lois misogynes, apparues avec la proclamation de la République Islamique en 1979 par l’ayatollah Khomeiny, « le voleur de la révolution du peuple » comme le surnommaient ses opposants. Le régime religieux des mollahs a entraîné une fuite en avant liberticide pour la population féminine : interdiction de se déplacer sans l’accord du mari, filières d’études non accessibles, témoignage juridique dévalorisé, port du voile obligatoire. Elles sont les premières victimes de la dictature théocratique de Téhéran.

Malgré la terreur perpétrée par le pouvoir, le meurtre de Masha Amini le 22 septembre 2022 par la police des mœurs avait déclenché des révoltes sans précédent dans le pays. (...)

Le slogan, « Femme, Vie, Liberté », résonne dans toutes les grandes villes d’Iran. Avec courage, des femmes brûlent leur voile, se coupent les cheveux, dansent et manifestent avec la population sans peur des forces de répression. (...)

« Ce qui se passe aujourd’hui est le résultat de toute notre histoire », analyse Massoumeh Raouf, écrivaine et résistante de la diaspora iranienne. La révolution gronde. Malgré les 834 exécutions ordonnées en 2023, le peuple continue de s’organiser contre le régime dictatorial. « Dans cette atmosphère, c’est important d’avoir un esprit de résistance. On peut supporter tous les supplices, on ne se sent pas seule, comme le maillon d’une chaîne. La résistance est enracinée dans le peuple iranien et se transmet de génération en génération », détaille Massoumeh Raouf. (...)

Le peuple d’Iran est continuellement exposé à la peur, toute expression libre étant réprimée violemment. Depuis des décennies, le régime torture, emprisonne et exécute quiconque s’oppose à lui. (...)

Exil et résistance depuis l’étranger

« Être résistant, c’est subir les pires atrocités. On est éloigné de sa famille, torturé et traqué. Il faut avoir la force de se battre et ne pas perdre espoir face à ce régime sanguinaire », explique Azadeh Alemi. (...)

Massoumeh Raouf et Azadeh Alemi ont coupé toute communication avec leur famille restée au pays : « C’est très dur de ne plus avoir de liens, mais comme ça, ils n’ont pas de problèmes », indique-t-elle. L’exil forcé est une douleur de plus : « Pour moi, l’exil est une période encore provisoire, mais j’attends que mon pays soit libre et démocratique pour y rentrer. En attendant, je continue à résister depuis la France », explique Massoumeh. Pour Azadeh, l’exil l’a beaucoup chagrinée quand elle était jeune. Aujourd’hui, elle regrette que ses fils ne puissent pas connaître sa terre natale. (...)

Le régime essaye par tous les moyens de faire pression sur les activités des résistantes, même quand elles sont en dehors du pays. (...)

À la télé de la résistance iranienne, la chaîne satellitaire Simay-e Azadi les moudjahidines du peuple montrent leurs activités. Très organisées, ces unités brûlent et détruisent des symboles du régime comme des photos de l’ayatollah, des statues ou des drapeaux. En Iran, ces actions valent la peine de mort. Malgré les arrestations et les exécutions, les gens adhèrent massivement au mouvement et manifestent sous les tirs. (...)

Cette quête de liberté, profondément enracinée dans la lutte des femmes, s’est étendue à toute une société qui en paie le prix du sang. Tant que le régime sera debout, les Iraniennes continueront de se battre.Le désir de vivre dignement est plus fort que la peur de mourir en résistantes.