Le fait-divers est traditionnellement le lait dont se nourrissent goulument la presse de caniveau et la droite autoritaire. (...)
Pour résumer, le schéma est désormais le suivant : une triste histoire, une victime française et un auteur étranger (présumé), et de quoi dérouler un discours bien dur en tapant du poing sur la table, puis organiser des manifestations contre l’invasion migratoire.
(...) Ainsi, deux nouveaux groupes appelant à deux manifestations en novembre viennent d’être créés. Le premier est apparu le 14 octobre sur les réseaux sociaux : les « gardiens de la mémoire française » appellent à se mobiliser le 2 novembre à Paris pour une « journée du souvenir français », « en hommage aux victimes du laxisme judiciaire et [de] l’immigration incontrôlée ».
Trois jours plus tard, dans une belle surenchère, « Justice pour les nôtres » fait son apparition pour réclamer un hommage aux victimes de l’insécurité et du « chaos migratoire ». Ce second groupe appelle à une mobilisation le 16 novembre, près d’un an après la mort du jeune Thomas à Crépol (Drôme). (...)