Malgré les concessions "incontestables" de Bruxelles, la France votera "contre" l’accord commercial avec le Mercosur, a annoncé le président français dans un communiqué jeudi.
(...) un choix qui ne bloquera pas le traité et qui l’expose à un procès en perte d’influence, mais qui devrait permettre de sauver le gouvernement.
"Le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord", a déclaré jeudi 8 janvier le chef de l’État dans un communiqué annonçant sa décision, après un appel à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour l’en informer. (...)
Avec une classe politique hostile et des manifestations agitées d’agriculteurs venus en tracteurs à Paris, la pression était forte contre cet accord de libre-échange sur lequel les Vingt-Sept doivent se prononcer vendredi, pour une signature avec le bloc latino-américain prévue la semaine prochaine. (...)
Début novembre, depuis le Brésil, Emmanuel Macron avait insisté sur les bienfaits du texte pour "notre filière viticole qui est heurtée par les tarifs américains" et pour "beaucoup de secteurs industriels" en quête de "diversification".
Il avait aussi salué le "paquet" de mesures "tout à fait acceptable" proposé par Bruxelles, notamment sur une "clause de sauvegarde" pour protéger les filières agricoles en cas de perturbation du marché. (...)
Ses déclarations avaient toutefois mis le feu aux poudres en France.
Le président était donc vite revenu sur la position des mois précédents : un "non très ferme de la France" à l’accord "en l’état". Et redoublé d’efforts dans son bras de fer pour obtenir plus de garanties de la Commission européenne.
Avant Noël, à Bruxelles, grâce au soutien de l’Italie, il avait même réussi à arracher un bref report de la signature qui semblait imminente. (...)
Mais la France n’a pas réussi, a priori, a réunir une minorité de blocage, et l’accord devrait donc être entériné par l’Union européenne à la majorité qualifiée. (...)
Si Emmanuel Macron a un temps espéré que la "pédagogie" permettrait de mettre en avant les avantages du traité et d’en relativiser les méfaits, le débat public est resté totalement défavorable. (...)
Face au risque politique, Emmanuel Macron choisit de dire non au Mercosur (...)