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Femmes issues de la communauté des gens du voyage : « On nous refuse le droit de vote »
#droitdevote #gensduvoyage #DaSoVas
Article mis en ligne le 10 février 2026
dernière modification le 7 février 2026

À l’approche des municipales de 2026, des familles de gens du voyage se voient refuser l’inscription sur les listes électorales au motif de leur mode d’habitat. Une discrimination qui exclut des citoyens français du droit de vote, dénoncée par le collectif Da So Vas.

Nous parlons depuis les marges de la République. Nous parlons depuis une place invisibilisée depuis trop longtemps. Mais nous parlons également depuis la dignité que nous voulons affirmer. Nous ? Des femmes issues de la communauté des gens du voyage, organisées au sein du collectif Da So Vas. Des femmes engagées pour transformer nos conditions d’existence.

Parce que nous savons que voter est un acte essentiel, nous accompagnons, depuis plusieurs mois, des familles qui souhaitent s’inscrire sur les listes électorales de leur commune, dans la métropole lilloise. La démarche est simple, légitime, conforme au droit. Ces familles vivent à l’année sur la commune concernée, disposent de justificatifs de domicile conformes et sont citoyennes françaises. (...)

Nous vivons, travaillons, élevons nos enfants ici. Nous payons des impôts, scolarisons nos enfants dans les écoles de la République, participons à la vie locale. Et pourtant, à l’approche des élections municipales de mars 2026, on nous refuse un droit fondamental : celui de voter. Une fois encore les gens du voyage n’ont pas le droit de cité.
« On tente de nous effacer »

On encourage les autres à voter, mais nous, on tente de nous dissuader de le faire (...)

le refus est tombé comme le couperet de la guillotine. Arbitraire et brutal. Sans justification sérieuse. Sans alternative proposée. Un simple « non », qui prive de fait des citoyennes et citoyens français de leur droit de vote, pourtant garanti par la Constitution.

Il faut appeler les choses par leur nom. Empêcher des personnes de voter en raison de leur mode d’habitat constitue une discrimination grave. C’est une manière détournée mais très concrète d’exclure une partie de la population de la démocratie. C’est dire, en creux, que certains citoyens compteraient moins que d’autres.
Exiger l’égalité

Ce qui se joue ici dépasse largement notre situation. Car si l’on accepte que le droit de vote puisse être conditionné à une norme d’habitat, alors on accepte que la citoyenneté devienne à géométrie variable. Aujourd’hui les gens du voyage, demain qui ? Les personnes sans domicile fixe ? Les habitants de squats ? Les plus précaires ?

Aucune ville, aucun village ne devrait exclure les gens du voyage du corps électoral.

Nous refusons cette dérive. (...)

Alors nous nous battons, comme tant de fois dans notre histoire nous avons dû le faire. Et nous continuerons à nous battre, collectivement, pour que la société accepte enfin que nos vies comptent, et que soient respectés nos droits.