Les sénateurs se sont opposés mercredi 21 janvier à la création de toute forme d’aide à mourir lors des débats sur la fin de vie, l’hémicycle dominé par la droite enterrant cette réforme sociétale majeure. Ces propositions de loi feront toutefois leur retour la semaine du 16 février dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Très chaotiques et confus, les débats ont tourné court avec le rejet d’un premier article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie. Plus tard, dans la soirée, la droite sénatoriale a définitivement enterré le projet de loi en réécrivant entièrement l’article-clé créant l’aide active à mourir, le vidant de sa substance.
L’amendement déposé par des sénateurs, dont certains proches du patron des Républicains Bruno Retailleau, a remplacé cette assistance médicale à mourir par un « droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ». Les débats se sont poursuivis dans la soirée malgré l’absence dans le texte d’un dispositif d’aide à mourir. (...)
Divergences politiques
Un vote solennel sur l’ensemble de la proposition de loi du député Olivier Falorni reste prévu mercredi 28 janvier, mais il n’aura guère de sens, car le texte est amputé de son ossature. La suite du processus parlementaire risque donc essentiellement de se dérouler à l’Assemblée nationale, où une nette majorité avait pu se dégager, au contraire du Sénat. Le gouvernement espère saisir les députés en deuxième lecture au plus vite, potentiellement dès le mois de février.
L’article concernant les conditions d’accès à l’aide à mourir a été rejeté pour des raisons diverses.
Une grande partie de la droite et des centristes, opposés à toute forme d’aide à mourir dans le sillage de Bruno Retailleau, ont voté contre. Le groupe socialiste s’y est également opposé car la rédaction avait été considérablement modifiée et s’éloignait trop, selon lui, du dispositif voté à l’Assemblée nationale en juin 2025.
Le ministère des Relations avec le Parlement a d’ailleurs annoncé ce jeudi que le débat sur les propositions de loi reviendra à l’Assemblée nationale la semaine du 16 février. Les députés seront saisis en deuxième lecture de deux propositions de loi examinées en parallèle, l’une sur la création d’un droit à l’aide à mourir, l’autre sur l’accès aux soins palliatifs. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a évoqué la date du mardi 17 février pour le début des débats, dans l’attente de la fixation définitive de l’ordre du jour. (...)