Alors que les capacités nucléaires iraniennes sont au cœur des négociations entre l’Iran et les États-Unis, celles de la Corée du Nord inquiètent l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). En visite à Séoul, en Corée du Sud, mercredi 15 avril, son chef alerte d’une augmentation « très inquiétante des activités nucléaires nord-coréennes » et de sa capacité à produire de plus en plus d’ogives nucléaires. Même si le nombre d’armes atomiques que possède Pyongyang est très difficile à estimer, les principaux sites d’enrichissement montrent une activité accrue.
(...) (...) À Yongbyon, le cœur historique du programme nucléaire nord-coréen, démantelé puis relancé en 2021, l’activité bat son plein. Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), s’appuie sur des analyses satellites. « Il y a une augmentation rapide des opérations du réacteur 5 mégawatts de Yongbyon. Nous avons vu la construction d’un nouveau bâtiment similaire au site d’enrichissement d’uranium que nous connaissions déjà », assure-t-il.
Les experts s’intéressent à ce bâtiment, apparu fin 2024 et récemment terminé. Selon le CSIS, un centre de recherche américain, il pourrait s’agir d’une usine permettant de produire de l’uranium ou du plutonium enrichi, la matière de base nécessaire pour la construction d’une bombe atomique.
« Une très sérieuse augmentation des capacités de la Corée du Nord »
En plus de Yongbyon, le régime dispose d’un autre site à Kangson, proche de la capitale. (...)
La Corée du Nord, qui a procédé à son premier essai nucléaire en 2006, est soumise à une série de sanctions de l’ONU en raison de ses programmes d’armement et a coupé l’accès aux inspecteurs de l’AIEA en 2009.
Des capacités inconnues donc, mais acquises de manière autonome selon l’AIEA, qui n’a pas détecté de signe d’aide russe au programme nucléaire nord-coréen. Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a répété le mois dernier que son pays ne renoncerait jamais à son statut de puissance nucléaire, et que le développement de l’arsenal nucléaire était « pleinement justifié ».