Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
RFI
L’intensification des frappes ukrainiennes sur des sites pétroliers russes porte-t-elle ses fruits ?
#guerreenUkraine
Article mis en ligne le 9 avril 2026

Depuis le mois de mars, l’Ukraine a intensifié sa stratégie consistant à cibler des installations pétrolières en Russie pour empêcher Moscou de profiter pleinement de la flambée des cours du pétrole. À force de frappes toujours plus en profondeur sur le sol russe, l’Ukraine endommage des raffineries mais aussi des terminaux pétroliers centraux dans le dispositif d’exportation de pétrole du Kremlin.

La loi du talion s’étend à l’énergie. « Si la Russie est prête à arrêter de frapper notre secteur énergétique, nous serons prêts à faire de même », assurait Volodymyr Zelensky dans une allocution lundi 6 avril, après avoir formellement proposé à Moscou une trêve énergétique. Le Kremlin n’a pas encore répondu à Kiev, malgré l’intensification des frappes ukrainiennes sur les sites pétroliers russes depuis le mois de mars. Dès le lendemain matin, une nuée de 22 drones s’est abattue sur le terminal pétrolier d’Oust-Louga, à près d’un millier de kilomètres au nord de Kiev.

Ces attaques de sites russes reflètent la capacité et la volonté grandissantes de l’Ukraine à élargir le nombre de cibles potentielles dans son entreprise de déstabilisation de l’effort de guerre de son adversaire. Usines métallurgiques, producteurs d’engrais ou de micropuces… Kiev a dressé une large liste de secteurs directement liés à l’industrie de guerre russe. L’énergie reste pourtant le nerf de la guerre. (...)

Guerre d’usure (...)

Au-delà des raffineries, l’intensification des attaques depuis un mois permet à l’armée ukrainienne de faire étalage de son habileté à toucher les points centraux du système d’exportation russe simultanément. Les principaux terminaux pétroliers sur la Baltique comme en mer Noire ont été touchés dans des intervalles de temps très proches. (...)

Conséquences économiques (...)

Sans paralyser totalement les capacités pétrolières russes, les frappes frénétiques ukrainiennes cherchent effectivement à empêcher Moscou de profiter pleinement de l’envolée des prix du baril depuis le début de la guerre en Iran.

Pour rappel, les États-Unis ont unilatéralement allégé leurs sanctions sur le pétrole russe le 12 mars, permettant à Moscou de reprendre son souffle. L’économie du pays pâtissait jusqu’alors des sanctions imposées à deux de ses plus importants producteurs de pétrole russe, couplées à un durcissement occidental général vis-à-vis des navires de sa flotte fantôme. L’Ukraine cherche depuis à limiter les gains du Kremlin. (...)

Pari risqué ?

Déstabiliser la production russe perturbe plus largement le marché global des hydrocarbures, déjà fortement engourdi par le blocage du détroit d’Ormuz. (...)

. Certains partenaires de Kiev auraient récemment appelé Volodymyr Zelensky à réduire les bombardements sur les infrastructures pétrolières russes.

Qui plus est, l’État russe ne s’enrichit pas uniquement sur les seules exportations de pétrole mais perçoit aussi des revenus grâce aux taxes mises en place sur l’extraction de l’or noir. S’attaquer au bout de la chaîne de production ne suffit alors pas à durablement affecter les finances du Kremlin. (...)

Malgré les « signaux » de certains de ses alliés sur la question, le président ukrainien se montre déterminé à continuer sur cette voie, faute de concessions russes.