Symbole associé au christianisme sans connotation politique particulière, le chrisme, un monogramme ornemental représentant le nom du Christ, fait l’objet d’une tentative de récupération de la part de l’ultradroite, dans le contexte de la mort du militant identitaire Quentin Deranque en France.
Si le chrisme est effectivement avant tout considéré comme un symbole du christianisme, le monogramme a bien été la cible d’une tentative de récupération de la part de l’ultradroite durant la manifestation pour Quentin Deranque.
Un symbole neutre et universel du christianisme
Le chrisme est un symbole chrétien datant de l’Antiquité. Il connaît un important essor au IVe siècle sous le règne de l’empereur romain Constantin, explique à la rédaction des Observateurs Rémi Lafontaine, doctorant en histoire du christianisme antique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. (...)
Le chrisme s’est perpétué comme un symbole du christianisme jusqu’à nos jours. (...)
"Dans le christianisme, le chrisme n’est absolument pas associé à une mouvance ou à une faction particulière au sein même du catholicisme", abonde Arnaud Montoux, théologien à l’Institut catholique de Paris. (...)
Une récupération par l’ultradroite lors de la manifestation pour Quentin Deranque
Mais si le chrisme est bien avant tout – et majoritairement – un symbole appartenant au patrimoine chrétien, les experts interrogés par notre rédaction constatent que le monogramme a bien fait l’objet d’une récupération lors de la manifestation pour Quentin Deranque. L’historien Rémi Lafontaine décrypte : (...)
"Au sein de l’extrême droite, le chrisme est utilisé hors de son contexte religieux par des militants pour marquer l’opposition à l’islam par exemple, pour taguer des mosquées ou des lieux de gauche. On le voit également sur des vêtements ou des logos de groupes radicaux", explique ainsi Ricardo Parreira, journaliste spécialiste de l’extrême droite. (...)
e théologien Arnaud Montoux dénonce également la récupération du chrisme :
"On ne peut pas utiliser comme ça un symbole du christianisme sans que les chrétiens disent ’Mais attendez, ne nous mêlez pas à cette histoire.’ C’est un problème entre des groupes d’extrême droite et des groupes d’extrême gauche qui s’affrontent. On tire le christianisme dans un affrontement dans lequel il n’a pas sa place. Cette confusion est néfaste.
Comme chrétiens, nous ne voulons pas que, désormais, lorsque l’on porte une chasuble ornée d’un chrisme, on nous dise : ’Ces gens-là sont d’extrême droite.’ C’est absolument insupportable.
La famille elle-même a protesté contre ce processus indigne de récupération. Récupérer la mort d’un fils, la mort d’un croyant, pour exciter la colère et la haine, ce n’est pas acceptable."