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Marie-Claude Saliceti
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Mediapart
Le fil du jour. Après l’explosion de l’hôpital à Gaza, la tension monte dans les pays arabo-musulmans
#Israel #Hamas #Palestine
Article mis en ligne le 18 octobre 2023

Alors qu’Israël et le Hamas se rejettent la responsabilité du tir qui a tué des centaines de personnes à Gaza mardi, le Hezbollah libanais appelle à une « journée de colère » et l’Iran annonce une journée de « deuil public ». La Jordanie a annulé le sommet prévu avec l’Égypte et le président américain Joe Biden, en visite mercredi en Israël.

Le Jihad islamique a qualifié mercredi 18 octobre de « mensonges » les accusations d’Israël, qui lui a attribué le tir contre un hôpital de Gaza qui a fait des centaines de morts – le bilan varie de 200 à plus de 500 morts.

« Comme d’habitude, l’ennemi sioniste tente, par la fabrication de mensonges, de se soustraire à sa responsabilité dans le massacre brutal qu’il a commis en bombardant l’hôpital et en pointant le doigt vers le Jihad islamique », a déclaré dans un communiqué le mouvement islamiste palestinien. « Nous affirmons que ces accusations sont fausses et sans fondements », a-t-il ajouté. (...)

L’armée israélienne a pour sa part affirmé que c’est une roquette du Jihad islamique qui est tombée sur l’hôpital à la suite d’un tir raté.

« D’après des informations que nous avons obtenues des services de renseignement, basées sur plusieurs sources, le Jihad islamique est responsable du tir de roquette raté qui a touché l’hôpital », a affirmé l’armée israélienne dans un communiqué. (...)

Biden soutient la version israélienne, s’en prend au Hamas

Le président américain Joe Biden, en visite en Israël mercredi, a soutenu la version des autorités israéliennes imputant à des combattants palestiniens la frappe qui a tué des centaines de personnes. (...)

Jour de colère au Liban

Le Hezbollah libanais a appelé à observer une « journée de colère » mercredi pour condamner un tir meurtrier contre l’hôpital de Gaza, un « massacre » dont il accuse Israël. (...)

L’appel du Hezbollah a été lancé alors que des centaines de manifestants étaient rassemblés devant l’ambassade des États-Unis à Aoukar, dans la banlieue nord de la capitale, Beyrouth, où ils ont scandé « mort à l’Amérique » et « mort à Israël », selon des correspondants de l’AFP (...)

Des manifestations de colère ont également eu lieu dans les camps de réfugiés palestiniens des villes de Sidon et de Tyr, dans le sud du Liban. Les factions palestiniennes du Liban ont appelé à des rassemblements de masse mercredi pour condamner le tir contre l’hôpital.

Le premier ministre intérimaire libanais Najib Mikati a décrété une journée de deuil national mercredi.
Manifestation en Iran

Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant les ambassades de France et du Royaume-Uni à Téhéran dans la nuit de mardi à mercredi, selon un photographe de l’AFP sur place. « Mort à la France et à l’Angleterre ! », ont crié des manifestants à Téhéran, en lançant des œufs sur les murs de l’enceinte de l’ambassade de France. (...)

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, a décrété une journée de « deuil public » mercredi et a prédit que l’attaque contre l’hôpital allait se retourner contre Israël et son allié américain. (...)

La Jordanie a annulé le sommet quadripartite prévu mercredi entre le roi Abdallah II de Jordanie et les présidents américain, Joe Biden, égyptien, Abdelfattah El-Sissi, et palestinien, Mahmoud Abbas. L’annulation a été annoncée à la télévision publique jordanienne par le ministre des affaires étrangères jordanien, Ayman Safadi. (...)

La capitale jordanienne, Amman, a été le théâtre d’une violente manifestation mardi soir : des dizaines de manifestants ont tenté de pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade d’Israël. Ils ont réussi à contourner la barrière des forces de sécurité et à avancer vers l’enceinte du bâtiment. Les policiers ont dû tirer des gaz lacrymogènes pour les disperser.
L’ONU « horrifiée »

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit « horrifié » par cette frappe contre des civils. Il a estimé mercredi que l’attaque du Hamas en Israël ne peut « justifier la punition collective des Palestiniens » de Gaza, territoire lourdement frappé par des bombardements de représailles israéliens.

« Je suis pleinement conscient des profonds griefs du peuple palestinien après cinquante-six ans d’occupation », a souligné M. Guterres lors d’un discours à Pékin. « Mais si graves que soient ces griefs, ils ne peuvent justifier les actes terroristes commis par le Hamas le 7 octobre. Mais ces attaques ne peuvent justifier la punition collective des Palestiniens », a souligné le chef de l’ONU.

António Guterres a par ailleurs appelé à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat » (...)

Pousser les Palestiniens à quitter leur terre est « une façon d’en finir avec la cause palestinienne aux dépens des pays voisins », estime Sissi

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a mis en garde mercredi contre un exode massif de Palestiniens de Gaza vers l’Égypte, y voyant le risque d’« un déplacement similaire de la Cisjordanie vers la Jordanie » et « la fin de la cause palestinienne ».

En recevant le chancelier allemand Olaf Scholz au Caire, le chef d’État égyptien a tenu son discours le plus complet et le plus virulent depuis le début le 7 octobre de la guerre entre Israël et le Hamas. (...)

« L’idée de forcer les Gazaouis à se déplacer vers l’Égypte mènera à un déplacement similaire des Palestiniens de Cisjordanie », territoire occupé par Israël, « et cela rendra impossible l’établissement d’un État de Palestine », a-t-il poursuivi.

Et « si je demande au peuple égyptien de sortir dans les rues, ils seront des millions pour soutenir la position de l’Égypte », a-t-il encore prévenu, évoquant également « l’opinion arabe » et « l’opinion musulmane » sensibles à « la cause palestinienne qui est la plus grande des causes ». (...) .

Et « si je demande au peuple égyptien de sortir dans les rues, ils seront des millions pour soutenir la position de l’Égypte », a-t-il encore prévenu, évoquant également « l’opinion arabe » et « l’opinion musulmane » sensibles à « la cause palestinienne qui est la plus grande des causes ».

Depuis des jours, des centaines de camions sont bloqués dans le désert égyptien du Sinaï, faute d’un passage vers les 2,4 millions de Gazaouis alors que l’Organisation mondiale de la santé affirme désormais qu’à « chaque seconde où nous attendons l’aide médicale, nous perdons des vies ».