« Il y a les maladies qu’on ne voit pas. Et puis il y a celles qu’on ne voit pas… et dont on ne parle jamais. Parmi les personnes vivant avec un handicap invisible, certaines portent un fardeau supplémentaire : des douleurs chroniques liées, directement ou indirectement, à un passé de consommation de drogues ou d’addiction. Elles sont les invisibles parmi les invisibles. »
Le silence des corps qui se souviennent
Il y a des douleurs qu’on ne voit pas. Des douleurs qui n’apparaissent sur aucune radio, aucun scanner. Des douleurs qu’on porte en silence, parce qu’on nous a dit que « c’était dans la tête », ou pire, qu’on les avait « bien cherchées ».
Parmi elles, il en est une dont on parle encore moins : celle qui persiste, des années après, comme l’écho d’un passé de consommation. Que ce soit le cannabis, l’alcool, les opiacés, ou d’autres substances, leur empreinte sur le corps peut être bien plus durable qu’on ne le pense.
« Prenons mon exemple, puisqu’il est concret. (...)
Je ne suis ni médecin ni chercheur. Juste quelqu’un qui a vécu ça, et qui veut briser le silence. »
Pourquoi ce silence ? Parce que parler de consommation, même ancienne, reste tabou. Parce que les médecins manquent de formation sur ces liens. Parce que la douleur chronique, déjà invisible, devient doublement invisible quand elle est associée à un passé de dépendance.
Pourtant, les mécanismes existent. Ton cerveau peut avoir « appris » à percevoir la douleur différemment. Ton système nerveux peut garder la trace de substances consommées il y a longtemps. Ton corps peut être resté en état d’alerte, comme un soldat qui continuerait à se battre après la fin de la guerre. (...)
“Ce que tu vis, d’autres le vivent aussi. »
Substances et douleurs chroniques – Ce que dit la science (...)
Synthèse et conclusion du chapitre
- Substances avec paradoxe (soulagement à court terme vs. aggravation à long terme) :
Cannabis, alcool, tabac, opiacés, MDMA, psilocybine. - → Mécanismes : Désensibilisation des récepteurs (CB1, opioïdes), neurotoxicité, inflammation chronique, stress oxydatif.
- Substances sans paradoxe (effets uniquement négatifs) :
Cocaïne, méthamphétamine, kétamine, datura, benzodiazépines. - → Mécanismes : neurotoxicité directe, vasoconstriction, carences nutritionnelles.
Briser le silence, comprendre pour agir (...)