« Alors que vos gouvernements soulignent la nécessité de rester vigilants face à la désinformation, vous avez vous-mêmes fait des déclarations basées sur des vidéos manipulées ». Un millier de chercheurs dans diverses disciplines, parmi lesquels Didier Fassin, Wendy Brown, Etienne Balibar, Judith Butler, ou Nancy Fraser, demandent à des ministres européens et états-unien « de cesser les attaques contre Francesca Albanese et de présenter des excuses publiques ».
Aux ministres des Affaires étrangères de la République d’Autriche, Mag. Beate Meinl-Reisinger,
de la République tchèque, Petr Macinka,
de la République française, Jean-Noël Barrot,
de la République fédérale d’Allemagne, Dr Johann David Wadephul,
et de la République italienne, Antonio Tajani,
le secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique, Marco Rubio,
En tant que chercheurs issus de diverses disciplines et institutions connexes, nous écrivons pour soutenir Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, dont les enquêtes rigoureuses sur les violations des droits de l’homme ont permis d’acquérir des connaissances et des preuves cruciales qui ont sensibilisé l’opinion publique aux violations des droits de l’homme et du droit international.
Son mandat de Rapporteuse spéciale des Nations Unies est devenu indispensable dans le contexte politique actuel. L’engagement de Francesca Albanese en faveur du respect du droit international est d’autant plus vital que les institutions créées pour le défendre sont de plus en plus attaquées, que l’autoritarisme gagne du terrain et que l’ordre mondial, dans lequel le pouvoir l’emporte de plus en plus sur le droit, se normalise. Dans un tel environnement, où la loi du plus fort prévaut trop souvent, l’insistance de Mme Albanese sur la responsabilité juridique, les faits historiques et la dignité humaine universelle constitue à la fois un ancrage moral et un acte de résistance nécessaire.
Nous sommes alarmés par les tentatives visant à réduire Francesca Albanese au silence de la part de différents gouvernements et acteurs non gouvernementaux, ainsi que par les tactiques utilisées pour atteindre cet objectif (...)
Le fait de désapprouver le travail et les conclusions d’un rapporteur spécial des Nations unies ne peut justifier le renforcement de discours qui sapent les principes mêmes que vous prétendez défendre.
Nous sommes profondément troublés par le décalage flagrant entre vos actions, vos priorités déclarées et les réalités sur le terrain. Depuis la trêve d’octobre 2025, Israël a tué plus de 590 Palestiniens. Le génocide se poursuit. Le mépris flagrant pour la souffrance des Palestiniens constitue sans aucun doute une violation du droit international. Au lieu de prendre toutes les mesures possibles pour demander des comptes au gouvernement israélien, vous avez utilisé de fausses allégations d’antisémitisme pour délégitimer une fonctionnaire des Nations unies qui cherche à faire respecter le droit international. En l’absence de responsabilité, la justice devient inaccessible. (...)