À Madagascar, deux Français sont dans le viseur des autorités : l’un, agent à l’ambassade de France, a été sommé mardi 28 avril 2026 de quitter le pays dans les plus brefs délais à la suite d’une enquête portant sur des actes de déstabilisation. L’ambassadeur français sur place a été convoqué mardi par le ministère malgache des Affaires étrangères pour se voir notifier cette décision. Paris a annoncé ce 29 avril avoir officiellement protesté contre cette annonce. La justice locale a aussi annoncé la nuit dernière l’inculpation d’un autre Français, Guy Baret, arrêté le 16 avril. Il est soupçonné d’avoir participé à un complot contre les autorités de transition.
C’est en raison « d’agissements estimés incompatibles avec son statut » que le gouvernement de Madagascar a déclaré, mardi 28 avril, un agent français accrédité sur la Grande Île « persona non grata ». Son identité n’a pas été rendue publique par les autorités malgaches et la diplomatie française. (...)
Un ancien militaire reconverti dans le recouvrement de dettes
Quelques heures après l’annonce de cette expulsion, le substitut du procureur du tribunal de première instance d’Antananarivo, Nomenarinera Mihamintsoa Ramanantsoa, a dévoilé les chefs d’inculpation pesant contre un autre Français, Guy Baret.
Cet ancien militaire reconverti dans le recouvrement de dettes à Madagascar est poursuivi pour « association de malfaiteurs », « diffusion de fausses nouvelles destinées à troubler l’ordre public », « recel de personnes recherchées par la justice » et « projets de destruction de biens publics », afin de provoquer des coupures d’électricité. (...)
La relation franco-malgache s’est fortement tendue depuis le 17 avril et la publication sur Facebook par un conseiller du président malgache des photos et noms de 10 hommes présentés comme « des mercenaires français » entrés à Madagascar avec d es passeports de service. La présidence malgache s’était alors dissociée de son conseiller, évoquant une « contribution individuelle », tandis que la France avait dénoncé des « rumeurs mensongères ». Elle appelle aujourd’hui les autorités de la Grande Île à « maintenir un dialogue constructif ».