Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
RFI
Mille jours de guerre au Soudan : le conflit s’enlise, la communauté internationale en retrait
#Soudan #catastropheHumanitaire
Article mis en ligne le 10 janvier 2026

Le conflit au Soudan dépasse ce week-end le seuil symbolique de mille jours, et pourtant ce pays s’enfonce toujours plus dans une guerre qui s’enlise sans horizon politique visible. La population subit violences meurtrières et déplacements forcés avec des conditions de vie désastreuses. Elle souffre du manque de nourriture, de médicaments, et est ravagée par les maladies. La réponse humanitaire est largement insuffisante en raison des difficultés d’accès. L’absence de perspective de solution politique et la gravité de la situation tiennent autant à l’ampleur des violences qu’à l’absence de réaction internationale sérieuse.

À la veille de ce malheureux anniversaire, l’ONU a, une nouvelle fois, mis en garde contre une « dynamique de conflit de plus en plus instable et diffuse » et qui reflète « la nature de plus en plus complexe du conflit et son élargissement à des dimensions régionales ».

Cette guerre du Soudan a transformé le pays en « épicentre mondial de la souffrance humaine » selon une expression du secrétaire général de l’ONU. Une guerre « oubliée » par la plupart des médias internationaux, et par les grandes puissances qui n’accordent pas à ce conflit, la même attention qu’à d’autres. Au contraire, plusieurs pays soufflent sur les braises par intérêt économique. (...)

L’armée soudanaise affirme toujours qu’elle continuera la guerre jusqu’à éradiquer les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Ces derniers dominent complètement le Darfour et d’importantes parties du Kordofan au sud et à l’ouest du pays. L’armée enregistre actuellement des avancées au Kordofan.
Un quartet inefficace

Le processus de Djeddah, le seul qui a été accepté par les forces gouvernementales prévoyait que les FSR « rendent les armes et sortent des villes » ce qui n’a jamais été appliqué. Toutes les autres initiatives, très nombreuses, pour rapprocher les belligérants ont échoué. Le quartet composé des États-Unis, des Émirats arabes unis, de l’Égypte et de l’Arabie saoudite est inefficace et ne se réunit plus, notamment en raison de la présence des Émirats arabes unis, considérés comme juge et partie.

L’armée voudrait collaborer avec Riyad et Washington uniquement et le blocage demeure. L’armée régulière refuse toujours aussi qu’elle soit mise sur un pied d’égalité avec les paramilitaires alors qu’elle représente l’État. (...)

Le conflit est alimenté par l’afflux d’armes et de matériel militaire, ainsi que par des réseaux financiers et politiques impliquant plusieurs pays. Les Émirats arabes unis sont particulièrement montrés du doigt par des rapports de l’ONU pour leur implication aux côtés des FSR. Certains observateurs s’interrogent sur la possibilité d’un changement d’alliance en raison des évolutions géostratégiques de la région.

Les développements régionaux dans la Corne d’Afrique et au Yémen d’un côté… le différent désormais public entre Riyad et Abou Dhabi, de l’autre, semblent rebattre les cartes dans la région. L’Égypte dispose d’une marge plus importante pour agir. L’Arabie saoudite est amenée à affirmer une position plus équilibrée au Soudan. (...)