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Marie-Claude Saliceti
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« Monsieur Duplomb, l’avenir de nos enfants gardera longtemps la sale gueule du cancer »
#AssembleeNationale #LoiDuplomb #acetamipride #agriculture #sante #initiatives_citoyennes #cancer
Article mis en ligne le 8 mai 2026
dernière modification le 7 mai 2026

Le cancer, « ça reste une grosse brute surarmée qui bouscule toute votre vie ! » L’auteur de cette tribune tient à le rappeler à Laurent Duplomb, le sénateur de Haute-Loire qui insiste pour réintroduire un pesticide cancérogène, l’acétamipride.

Michel Faure est membre du mouvement Nous voulons des coquelicots Beaujolais/Val-de-Saône, qui milite pour l’interdiction de tous les pesticides, et de la Coordination Santé Environnement Rhône-Nord (Csern). Cette lettre est adressée au sénateur et agriculteur Laurent Duplomb (Les Républicains), dont une proposition de loi vise à réautoriser deux pesticides interdits, l’acétamipride et la flupyradifurone.

Aujourd’hui, Monsieur Duplomb, j’ai envie de vous parler d’amour.

À vous voir revenir à la charge pour sauver le soldat Acétamipride, à vous voir pester et mépriser nos 2 millions de SOS, on a bien compris que vous et vos amis ne lâcherez pas le morceau. On a bien compris aussi que l’un des effets de votre loi sera d’instaurer une mainmise du ministère de l’Agriculture (et donc de la FNSEA, le syndicat agricole productiviste) sur l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), ce qui veut dire que nous serons encore moins protégés à l’avenir contre le maintien, l’arrivée ou le retour de molécules suspectées d’être cancérigènes ou identifiées comme telles.

On parle bien ici de la survie des abeilles, mais aussi de la nôtre. Et de la vôtre, Monsieur Duplomb. (...)

Au printemps de l’année dernière, on m’a diagnostiqué un cancer de la prostate avec indication d’ablation totale de l’organe. Prostatectomie. Passé la sidération de l’annonce vient le temps des « entretiens préopératoires », qui en remettent gentiment une couche. Kyrielle de risques liés au geste avec, en bonne place, l’incontinence urinaire. Charmant ! Et puis cette info qui arrive sans précautions particulières : dans la plupart des cas, une dysfonction érectile sera observée chez le patient. Dans « la plupart des cas »…

Quelques jours plus tard, on nous confirme que si le taux de PSA [une substance libérée dans le sang par la prostate] n’est pas revenu à zéro après l’intervention, il faudra envisager trente séances de rayons, associées à un traitement hormonothérapique.

Dommage collatéral : perte de la libido.
Double baffe. (...)

Dans les salles d’attente des services d’urologie et d’oncologie, on attend. On attend souvent. On a le temps d’y voir la vie qui hoquette, qui prend des claques

On peut toujours repeindre octobre en rose ou novembre en bleu. Tant qu’il y aura des gens comme vous qui plaideront pour le noir, Monsieur Duplomb, l’avenir de nos enfants gardera longtemps la sale gueule du cancer.