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Marie-Claude Saliceti
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Planet-Score : l’étiquette qui verdit la viande rouge ?
#PlanetScore #ViandeRouge
Article mis en ligne le 21 avril 2026
dernière modification le 18 avril 2026

Le Planet-score entend être à l’environnement ce que le Nutri-score est à la santé : une étiquette encourageant les achats responsables tout en incitant les producteurs et productrices à rendre leurs produits plus vertueux. Une ambition louable, au regard de l’urgence de la transition agricole et alimentaire.

Mais en pratique et contrairement au Nutri-score, cet affichage environnemental repose sur une méthodologie non transparente et présentant des biais conduisant à sous-évaluer les impacts de l’élevage extensif, en décalage avec le consensus scientifique sur le coût environnemental de la viande rouge.

Avec Planet-score, une viande de bœuf peut ainsi se voir attribuer la note “B” ou même “A” – un non-sens au regard de son coût environnemental réel et du signal envoyé aux consommateurs et consommatrices. Décryptage. (...)

Sommaire

  • L’affichage environnemental : un enjeu majeur de transparence pour les consommateurs
  • Des choix méthodologiques contestables et sans justification scientifique du Planet-Score ?
  • Étape n°1 : modifier la méthode ACV pour minimiser les impacts de l’élevage
  • Étape n°2 : une compression des scores qui estompe des différences d’impact pourtant majeures entre les produits
  • Étape n°3 : attribuer des bonus-malus non justifiés
  • Planet-Score : des choix d’invité(e)s et une stratégie de communication qui interrogent
  • Droit de réponse Planet-score

(...)

On observe de plus des biais méthodologiques significatifs qui convergent systématiquement vers un même résultat : surestimer largement les bénéfices associés aux systèmes de production agroécologiques (bio, élevage extensif) et minimiser les autres critères environnementaux pertinents, tels que les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’eau et l’usage des terres.

Pour arriver à ce résultat, la méthodologie de Planet-score peut être résumée en une succession de 3 étapes clés. (...)

Conclusion : que penser du Planet-score ?

Le Planet-score n’est pas dénué de qualités. Sa prise en compte des conditions d’élevage, sa volonté de dépasser les limites reconnues de l’ACV et la grande lisibilité de ses étiquettes témoignent d’une ambition louable.

Cependant, cette étiquette environnementale présente des failles méthodologiques majeures : références scientifiques incomplètes, ajout de bonus-malus occasionnant des doubles comptages, absence de justification du nombre de points attribués à chaque bonus-malus, etc.

Des choix méthodologiques comme le mésusage du PRG*, ainsi que certains éléments de communication de Planet-score, tendent même à minimiser la nécessité de réduire notre consommation de viande pour limiter le réchauffement climatique. Un impératif pourtant bien établi par le consensus scientifique, qui souligne que les émissions mondiales de méthane doivent reculer de moitié d’ici à 2050 pour limiter le réchauffement à +2°C en 2100.

L’urgence climatique et la crise de biodiversité exigent des outils d’évaluation environnementale dotés d’une méthodologie transparente, reproductible et validée scientifiquement. Car un étiquetage environnemental dont les résultats s’écartent du consensus scientifique risquerait de ne pas remplir pleinement sa mission : guider les citoyens et citoyennes vers des choix alimentaires véritablement durables.