Grâce à un fort tissu associatif, la petite commune française de Melle, dans les Deux-Sèvres, accueille une cinquantaine de réfugiés. Malgré les difficultés pour se déplacer, accéder à différents services et en dépit de l’éloignement des diasporas, de nombreux exilés y ont trouvé un territoire de solidarité et d’opportunités. Reportage
Cette ville de 5 700 habitants située dans les Deux-Sèvres est considérée, par l’Association nationale des villes et territoires accueillants, comme l’une des plus accueillantes. La ville offre actuellement un foyer à une cinquantaine de migrants venus du Congo, du Bangladesh, de l’Égypte, de la Mauritanie, du Niger ou encore du Mali. En 2025, 26 personnes ont été accueillies.
L’initiative n’est pas récente. En 2016, la commune commence à développer une politique volontariste d’accueil des réfugiés avec l’installation d’un centre d’accueil et d’orientation (CAO). À l’automne 2023, le projet s’étend. Un collectif, "l’accueil inconditionnel", composé d’habitants, d’élus et d’associations, se forme pour faire plus : créer du réseau entre les réfugiés et la population tout en instaurant un accueil digne et respectueux des droits humains pour les exilés.
Lorsqu’ils arrivent en France, les demandeurs d’asile sont répartis sur l’ensemble du territoire par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). "Certains habitaient dans les capitales de leur pays d’origine. Quand ils arrivent à Melle, ils sont totalement perdus", souligne une élue de la commune (...)
"Ici, il y a un aspect familial qu’on ne retrouve pas forcément dans les structures des grandes villes", confirme Julie, collègue d’Emilie et de Florence, tout en pointant quelques défauts des zones rurales. "Par exemple, le sujet de la santé mentale est très important chez les mineurs non accompagnés, or on n’a pas de professionnels avec nous et autour de nous. On doit aller chercher au-delà de ce que le territoire nous offre", détaille-t-elle.
Pour Sylvain, les réfugiés et les habitants sont confrontés au même quotidien. Ils ont "les mêmes difficultés que la population locale."
Martine David, membre de l’association "Ça passe par toi" qui loge des personnes sous OQTF (Obligation de quitter le territoire français), dresse un constat : "Souvent, les familles avec enfants veulent rester à Melle, Niort ou encore La Rochelle, les jeunes hommes, eux, souhaitent rejoindre de grandes villes, enfin les femmes seules, elles, veulent plutôt rester ici car elles arrivent à s’intégrer dans le tissu associatif." (...)