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Marie-Claude Saliceti
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Regroupement familial : cinquante ans après sa création, un titre de séjour en forte baisse
#France #immigration #regroupementfamilial
Article mis en ligne le 30 avril 2026

Le regroupement familial ne concerne plus qu’une très faible partie des premiers titres de séjour délivrés chaque année pour motif familial : 5 %. Une étude inédite de l’Institut national d’études démographiques décrit une baisse depuis cinquante ans, qui s’explique par les restrictions d’accès mais aussi par l’évolution des profils des demandeurs, plus jeunes et plus éduqués, qui fondent en majorité leur famille après l’arrivée en France.

(...) Deux à trois fois moins de regroupements familiaux en vingt ans (...)

Les personnes qui sollicitent aujourd’hui le regroupement familial sont principalement originaires du Maghreb (51 %) et d’Afrique subsaharienne (28 %), note l’INED - une tendance qui bouge peu, bien que les nationalités se diversifient et qu’on ne compte pas moins de 115 nationalités l’ayant sollicité en 2023.

Le regroupement familial a été mis en place il y a cinquante ans. Le décret du 29 avril 1976 intervient deux ans après la suspension de l’immigration de travail, rappelle l’INED : il s’agissait d’une mesure politique pensée, à l’époque, pour améliorer l’intégration des travailleurs déjà en France.

"La voie d’admission au séjour la plus féminisée" de tous les titres familiaux (...)

Des restrictions successives

Même si le taux d’acceptation est encore fort, avec 82% des demandes de titres pour regroupement familial validées, "les politiques migratoires ont durci les conditions économiques et résidentielles du regroupement familial", cite l’étude comme premier facteur explicatif de la forte baisse depuis vingt ans.

Entre autres : la durée de résidence régulière requise pour solliciter la venue en France de sa famille s’est allongé (...) (...)

En outre, les délais de traitement s’allongent. (...)

Quoi qu’il en soit, "ces transformations font du regroupement familial un dispositif moins adapté aux réalités migratoires et familiales contemporaines qu’il ne l’était à sa création", explique l’étude.
D’autres voies de régularisation privilégiées

Face à ces restrictions et inadéquations, "il est possible que les familles aient renoncé à déposer une demande et se soient reportées vers d’autres motifs d’admission au séjour, familiaux ou non", explique l’étude. Au global, "les titres délivrés à des membres de famille d’étrangers hors regroupement familial ont augmenté entre 2000 et 2023".

Quelles sont ces autres voies ? (...)