Estimant qu’il n’y a pas de préjudice et que les allégations de pollution dirigées contre le site manquent de preuves techniques et scientifiques, les juges ont rejeté une plainte en référé demandant l’arrêt temporaire de l’usine d’engrais à base de phosphates du Groupe chimique tunisien (GCT), jeudi 26 février.
(...) Dans l’attente d’une décision judiciaire finale concernant la fermeture du complexe, les plaignants, qui ont annoncé leur intention de faire appel, demandaient au tribunal de statuer en urgence pour suspendre la source de pollution.
En cause ? les résidus gazeux et solides rejetés en pleine nature depuis des décennies par l’usine. « Chaque jour, elle rejette dans la mer des quantités énormes de déchets toxiques de phospho-gypses qui contiennent des métaux lourds, de l’arsenic, du cadmium qui ont un impact sur la santé de la population : il y a par exemple beaucoup de cas de cancer et de problèmes respiratoires dans les quartiers alentours », explique ainsi Kheireddine Debaya, membre du collectif Stop pollution. (...)
Malgré plusieurs cas d’intoxication qui ont conduit des milliers de personnes à descendre dans la rue pour manifester leur colère l’an dernier, malgré aussi les propos du président Kaïs Saïed qui avait lui même reconnu un « assassinat écologique » à Gabès (...)
En Tunisie, les mines de phosphates utilisées pour faire des engrais sont l’une des principales richesses naturelles du pays, ainsi que l’un des piliers de son économie.