Une centaine de mineurs de l’entreprise Doruk Madencilik occupent depuis plusieurs jours le parc Kurtulus, au centre d’Ankara. Originaires de la ville d’Eskisehir, à environ 200 kilomètres, ils réclament un soutien du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles pour obtenir le paiement de salaires impayés depuis plusieurs mois. Faute d’avoir été reçus par les autorités, ils ont entamé une grève de la faim lundi 20 avril.
Une odeur de gaz lacrymogène flotte dans l’air dans le parc Kurtulus d’Ankara. Assis à même le sol, torses nus, des bouteilles d’eau à la main, les mineurs sont isolés de la foule par un cordon de police. Ils ont choisi de garder le silence pendant leur grève de la faim, mais frappent régulièrement le sol avec leurs casques de chantier jaunes pour exprimer leur protestation.
Leur avocat, Abdurrahim Demiryürek, explique avoir tenté d’obtenir des rendez-vous avec les autorités (...)
Des syndicats, des comités étudiants et des anonymes sont venus apporter leur soutien aux mineurs, qui prévoient de poursuivre leur grève de la faim jusqu’à obtenir gain de cause. De son côté, la holding Doruk Madencilik cherche à négocier avec un syndicat proche du patronat.
La Turquie dispose d’importantes réserves de charbon et est notamment le troisième pays producteur mondial de lignite. Le secteur minier a, par ailleurs, été marqué par des catastrophes meurtrières, comme l’incendie de la mine de Soma en 2014, qui avait fait 301 morts dans l’ouest du pays.