Chantiers, investissements étrangers, relocalisations d’entreprises... Depuis l’invasion russe de 2022, la ville ukrainienne de Lviv se développe rapidement. Mais derrière cet essor économique, l’intégration des réfugiés venus massivement de l’Est demeure un défi majeur.
En arrivant à Lviv par la route, une évidence saute aux yeux : ici, contrairement à la capitale ou à l’est de l’Ukraine, il n’y a pas de chantiers immobiliers abandonnés - au contraire, ils fleurissent. La ville, longtemps opulente, est en plein développement, comme d’autres villes de l’ouest ukrainien ou Ivano-Frankivsk, un peu plus au sud.
Depuis 2022 et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, ces villes ont connu un afflux de population, de passage ou permanent. Lviv, presque ville-frontière puisqu’elle se situe à quelque 80 km de la Pologne, est une porte ouverte sur l’Union européenne, un passage obligé pour beaucoup d’Européens arrivant en Ukraine, et inversement pour les Ukrainiens en partance vers l’Europe.
Un centre névralgique
En raison de la guerre, ces régions, qui jusqu’en 2025 étaient moins affectées par les bombardements et se trouvent loin de la ligne de front, ont fait face à une démographie fluctuante, accompagnée d’un développement économique dû à la relocalisation d’entreprises de l’Est du pays (...)
En regardant la carte de l’Ukraine, il est tentant d’imaginer que la majorité des personnes déplacées des zones de combat à l’est seraient allées chercher refuge dans l’ouest. Pourtant, selon l’ONG tchèque People in Need, le dernier rapport de l’OIM sur les personnes déplacées en Ukraine montre que les régions de l’ouest du pays ne sont pas la destination principale des populations en fuite (...)