Un tribunal néerlandais a sommé, mercredi 28 janvier, les Pays-Bas de mieux protéger du changement climatique l’île antillaise de Bonaire et de fixer à l’ensemble de l’économie nationale des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
(...) Établie à proximité du littoral vénézuélien, cette collectivité d’outre-mer peuplée de 27 000 résidents se sent délaissée par la métropole. Le juge Jerzy Luiten a été sans appel : « Le gouvernement néerlandais n’en fait pas assez pour protéger les habitants de Bonaire », soulignant que la population locale subit un traitement différent « des habitants des Pays-Bas européens, sans raison valable », une disparité que la justice juge contraire à la Convention européenne des droits de l’homme.
« La chaleur est désormais souvent insupportable » (...)
Le verdict impose des mesures fermes. Les autorités doivent, sous un an et demi, définir des seuils de réduction de pollution atmosphérique applicables à l’ensemble de l’activité économique nationale. Un dispositif de résilience spécifique à Bonaire devra également être prêt pour l’année 2030. Marieke Vellekoop, directrice de Greenpeace Pays-Bas, salue une victoire où les habitants obtiennent enfin la reconnaissance du fait que le gouvernement « doit les protéger des vagues de chaleur extrêmes et de la montée des eaux ».
Ce dossier pourrait largement dépasser le cadre des Antilles néerlandaises. Pour Greenpeace, il crée « un précédent d’importance mondiale ». Vesselina Newman, avocate chez ClientEarth, estime même que cette décision « ouvrira sans aucun doute la voie à de nombreux cas similaires dans le monde entier », en particulier pour les puissances occidentales administrant des territoires lointains. En Guadeloupe, Sabrina Cajoly, présidente de l’association Kimbé Rèd, confirme l’intérêt de cette « source de référence jurisprudentielle » pour les procédures engagées dans les départements français. (...)