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Marie-Claude Saliceti
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Reporterre
Sexisme dans les médias : environ 75 % des personnes mentionnées dans les articles sont des hommes
#medias #sexisme #femmes
Article mis en ligne le 8 mars 2026
dernière modification le 7 mars 2026

Une équipe de recherche a analysé les prénoms mentionnés dans les journaux pour calculer leur taux de masculinité. Bilan : les femmes demeurent minoritaires, y compris à Reporterre, pourtant plus paritaire que la moyenne.

(...) Un algorithme a été programmé pour détecter le genre des prénoms apparaissant dans les contenus analysés, et comptabiliser ainsi combien de fois les femmes et les hommes sont mentionnés. Pour cette étude, dix-huit médias ont été passés au crible. Les principaux journaux nationaux d’abord, comme Le Monde, Libération et Le Figaro. Une poignée de publications locales, à l’image du Dauphiné Libéré, des Dernières nouvelles d’Alsace et du Télégramme. Et quelques médias spécialisés, dont Les Échos, L’Équipe… et Reporterre.

Deux femmes pour huit hommes (...)

Seules les courbes de deux médias s’échappent un brin du peloton central bien compact. Celle du journal sportif L’Équipe, héritant du taux de masculinité le plus élevé du lot de médias étudiés. Et celle de Reporterre, s’approchant au contraire le plus du seuil de parité. (...)

Excepté quelques tendances conjoncturelles, à l’image de l’été 2024 où les Jeux olympiques ont amené la presse à mentionner davantage de femmes que d’ordinaire, aucune réduction durable du taux de masculinité n’est observée. (...)

« Ces chiffres démontrent qu’il existe tout un panel de voix que l’on entend pas dans la sphère médiatique. Toute une tranche de la population dont l’opinion est invisibilisée, déplore Ange Richard. Les médias contribuent non seulement à reproduire, mais aussi à produire, ces rapports de genre inégalitaires. Ils ne sont pas uniquement le miroir d’une société sexiste. Ils contribuent aussi à renforcer des représentations stéréotypées. » (...)

Du côté des femmes, le lexique employé a tendance à traduire une certaine passivité du sujet, restreint au rôle de témoin. « Elle confie, raconte, murmure, rapporte, etc. », illustre Ange Richard. À l’inverse, pour les hommes, priment des verbes plus assertifs — comme annoncer, proposer, déclarer ou avertir. « C’est assez frappant d’observer que même dans les pratiques d’écriture, ces biais ressortent », poursuit-elle. (...)