
En janvier 2019, lors de l’acte XI des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues était éborgné par l’explosion d’une grenade de désencerclement. INDEX a obtenu accès à des centaines de vidéos et documents exclusifs, que nous avons analysés pour produire une reconstitution détaillée des circonstances de l’incident. Images des caméras-piétons des policiers à l’appui, notre enquête offre une plongée inédite dans les rouages et les dysfonctionnements du maintien de l’ordre à la française.
Ce 26 janvier 2019, aux alentours de 16h30, la situation est tendue sur la place de la Bastille à Paris : l’acte XI des « gilets jaunes » est en cours, des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants. Depuis son smartphone, Jérôme Rodrigues, 39 ans, documente la manifestation en diffusant un « live » sur sa page Facebook, l’une des plus suivies du mouvement. Il se trouve aux pieds de la colonne de Juillet, au centre de la place, lorsqu’une explosion retentit. La caméra de son téléphone bascule puis se tourne vers le ciel, tout en continuant à diffuser en direct : Jérôme Rodrigues gît à terre, atteint à l’œil par le galet d’une grenade de désencerclement. La blessure entraînera la perte définitive de son œil droit.
Quatre ans plus tard, l’affaire est toujours en cours d’instruction auprès de la justice. Pourtant, l’incident a été filmé par des dizaines de caméras : celles des manifestants et des nombreux journalistes présents sur les lieux, mais également par la vidéosurveillance urbaine et par les caméras-piétons portées par certains des policiers en opération ce jour-là. INDEX a obtenu accès à l’ensemble de ces images et procédé à leur analyse croisée. Après plusieurs mois d’enquête, nous révélons aujourd’hui une reconstitution de l’incident qui met au jour les circonstances précises de l’éborgnement de Jérôme Rodrigues. (...)