Comme une lettre à la poste, ou presque : en Espagne, les députés ont validé ce jeudi la réforme des retraites du gouvernement de gauche, prévoyant de faire davantage contribuer les hauts revenus tout en maintenant l’âge de départ à 67 ans. Pas de manifestations, pas d’affrontements avec la police...
Adopté mi-mars par le gouvernement par la voie d’un décret, le texte a reçu jeudi le feu vert définitif de la majorité des députés, avec 179 voix pour, 104 voix contre et 61 abstentions, notamment grâce à l’appui de partis indépendantistes basque et catalan. Ce « large soutien » va permettre de « moderniser notre système » de retraite et de renforcer « son équité et sa durabilité », s’est félicité sur Twitter le ministre de la Sécurité Sociale, José Luis Escriva, porteur de cette mesure.
Négocié par les socialistes avec la formation de gauche radicale Podemos, leur allié au sein de la coalition au pouvoir, ce texte, qui est la dernière étape d’une réforme à laquelle il a été procédé par phases depuis deux ans, a également été discuté avec les partenaires sociaux. (...)
« Historique » pour les syndicats
Destinée à rééquilibrer le système de retraite espagnol, menacé par le vieillissement de la population, cette réforme prévoit concrètement d’accroître l’assiette de cotisation, c’est-à-dire la part du salaire sur laquelle cotisent les employés, afin de mettre davantage à contribution ceux dont les revenus sont les plus élevés. Elle entérine par ailleurs une hausse de la contribution, en particulier des employeurs, au « mécanisme d’équité intergénérationnelle », qui alimente un « fonds de réserve » créé pour faire face aux tensions attendues lorsque la génération du « baby boom » des années 1960-70 arrivera à l’âge de la retraite.
Le texte ne touche pas en revanche à l’âge légal de départ à la retraite qui doit passer progressivement à 67 ans en 2027, en vertu d’une réforme entérinée en 2011 sous un précédent gouvernement socialiste. Certaines personnes pourront toutefois continuer à partir à 65 ans si elles ont au moins cotisé 38 ans et six mois.
Cette réforme, à laquelle la Commission européenne a donné son feu vert, était l’une des principales contreparties exigées par Bruxelles en échange de l’octroi des fonds du méga plan de relance européen, dont l’Espagne est l’un des principaux bénéficiaires avec 140 milliards d’euros. (...)