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En Libye, dans le centre de Zintan, des migrants sont morts de faim
19/03/2019
Article mis en ligne le 28 avril 2019

Les morts s’accumulent dans les centres de détention libyens où s’entassent actuellement des milliers de migrants détenus de force. À Zintan, au sud de la capitale libyenne, le centre officiel - rattaché au département libyen de lutte contre la migration illégale (DCIM, selon l’acronyme anglais) -, les conditions de vie sont catastrophiques. Pire, il y a des décès liés à la faim.

Selon un migrant Jon*, enfermé dans le centre de Zintan depuis plusieurs mois, l’eau et la nourriture manquent cruellement. "Des migrants sont récemment morts de faim. Depuis le mois de septembre, il y a eu 14 morts. Certains sont morts de tuberculose, d’autres sont morts parce qu’ils ne mangeaient plus assez", explique-t-il. "Nous n’avons pas assez à manger, pas assez d’eau".

Le Haut-commissariat pour les réfugiés à l’ONU (HCR) a accès aux camps officiels de la DCIM. Mais selon Jon, ni le HCR, ni l’organisation internationale des migrations (OIM), ni aucune organisation humanitaire comme Médecins sans frontières (MSF), ne sont venus à Zintan depuis le mois de décembre. (...)
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Les photos reçues par InfoMigrants sont particulièrement éprouvantes : on y voit des corps décharnés et des visages émaciés. Selon Giulia Tranchina, une avocate spécialisée dans l’asile, ces famines sont "délibérées". "Elles servent de punition aux migrants", explique-t-elle. "Il existe plusieurs centres de détention dans le pays où les privations de nourriture ont cours", pas seulement à Zintan. (...)

À Zintan, comme dans les autres centres de détention, il est presque impossible de recenser tous les décès. L’ONU a expliqué ne pas avoir accès aux registres des victimes - tenus par les autorités du pays. MSF émet même des doutes sur l’enregistrement des personnes disparues.

"Ici, les conditions de vie sont horribles et personne ne vient", se désespère Jon. "Nous perdons espoir, que pouvons-nous dire aux malades ? Qu’ils iront mieux ? Mais ce n’est pas le cas. Faites-nous sortir d’ici. On sait que l’ONU évacue des migrants de Tripoli vers le Niger. Nous sommes enregistrés comme demandeurs d’asile. Pourquoi personne ne s’occupe de nous ? Pourquoi nous abandonne-t-on ? Nous n’intéressons personne."

Lire aussi : Deux ans après l’accord migratoire entre l’Italie et la Libye, les morts en Méditerranée et les violations de droits humains continuent
Dans une lettre ouverte publiée aujourd’hui (31 janvier 2019) et adressée aux gouvernements de l’UE, Oxfam et 53 autres ONG en France et en Europe expriment leurs critiques sur la situation en Méditerranée, sur la route entre l’Italie et la Libye. Elles formulent des demandes axées sur le soutien des opérations de recherche et de sauvetage, l’adoption de procédures de débarquement rapides et prévisibles et la fin du renvoi vers la Libye. (...)